Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Vivre avec une maladie chronique à la con

Vivre avec une maladie chronique à la con

 

Vivre avec une maladie chronique à la con, c’est un entraînement de tous les jours. Pour faire face, l’idéal, je crois, serait de se voir comme un sportif de haut niveau, entraîné à supporter la douleur de l’effort jusqu’à la rechercher.

 

Vivre avec une maladie chronique à la con, c’est voir chaque jour comme une montagne à escalader mais serrer les dents et grimper aussi haut qu’on le peut. Trébucher, rester à terre, croire que l’on a déclaré forfait et puis, se relever et reprendre l’escalade, parce qu’il y a le loyer à payer, mon p’tit chou !

 

Vivre avec une maladie chronique à la con, un truc pas grave qui ne risque pas de nous tuer mais nous pourrit la vie jour après jour, c’est avoir l’esprit débordé par cette douleur bourdonnante, pas forte, non, mais là, présente, jour après jour ; alors, on pose des digues, en tout cas, on essaie et on entend la douleur, la gêne, pas fortes, mais là, à ronronner indéfiniment comme un supplice chinois.

 

Vivre avec une maladie chronique à la con, c’est s’improviser marathonien et courir sans préparation du jour au lendemain. On ne sait pas où est la ligne d’arrivée. On essaie juste de tenir. On profite des temps de pause, des accalmies, on rêve alors d’être normal.e, on s’imagine que l’on pourrait l’être et faire ce que l’on veut au moment où on le veut.

 

Vivre avec une maladie chronique à la con, c’est le destin de plein de gens sur cette Terre.

 

Ces maladies bizarroïdes dont on ne sait pas vraiment nous dire d’où elles viennent, dont on ne sait pas trop comment les soigner, celles qui sont dans notre corps mais qui auraient une énorme place dans notre tête… soi-disant.

 

En tout cas, elles nous mettent au bord de la dinguerie, elles menacent de nous rendre fous, folles, mais pas d’excitation ou alors, pas de l’excitation qui fait grimper aux rideaux, elles nous font ruminer, remâcher, avoir envie de nous cogner la tête contre les murs pour échanger une souffrance contre une autre, ruminer, remâcher des idées qui nous plombent et qui pourraient nous faire basculer du côté obscur, là où l’on aurait plus mal, a priori, là où l’on ne ressentirait plus rien.

 

Il faut juste arriver à se dire comme Scarlett que « Demain est un autre jour » pour, demain, recommencer à valser avec cette sale petite musique qui joue en sourdine.

 

La seule solution pour continuer à avancer malgré cette maladie chronique à la con.

 

 

 

 

 

 



23/07/2019
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