Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Une femme battue nommée Nina Simone et moi...

 

 

J’ai regardé le film documentaire What happened, Miss Simone ? sur Netflix et j’ai appris que celle qui a chanté  My baby just cares for me  était une femme battue.

 

 


 

Battue par son mari et manager, Andrew Stroud.

 

Nina Simone, c’est un exemple de ce que la vie peut offrir de miraculeux à un individu.

 

Enfant, elle joue du piano dans une église. Une femme blanche, riche, repère cette enfant noire talentueuse et s’engage à lui donner des cours de piano. Elle recevra ainsi, pendant des années, une éducation musicale classique.

 

La femme avait repéré son talent et Nina l’était, talentueuse, surdouée même.

 

Elle n’a pourtant pas été admise à l’école de musique prestigieuse qu’elle visait car elle avait oublié un détail : la couleur de sa peau.

 

Elle démarre alors une carrière de pianiste chanteuse tant bien que mal pour subvenir aux besoins de sa famille.

 

Et puis, elle rencontre Andrew Stroud, qui deviendra son mentor, il a repéré en elle un potentiel qu’il saura faire éclore, il fera d’elle une star. Mais la gloire a un prix et Nina travaille dur, sans compter ses heures, et son mari si gentil au début devient violent, il la bat et la viole, à l’occasion.

 

Et elle tient le coup, se retrouve enfermée dans cette relation d’emprise si particulière aux couples dans lesquels l’un maltraite l’autre. Et elle souffre et devient dépressive. Elle renferme cette souffrance qui va s’exprimer dans ses journaux intimes, dans sa façon de chanter. Elle tient le coup, elle encaisse les coups.

 

Et son mari intervient dans ce documentaire, il parle d’elle, de leur relation et jamais il ne prononce un mot qui indiquerait un regret, pas une excuse, il ne dit jamais qu’il la frappait, il ne dit jamais qu’il l’a probablement guidée vers la dépression, vers ce que l’on appellerait sans doute aujourd’hui un burn out et qu’il a peut-être une part de responsabilité dans les troubles bipolaires qu’elle a développés et qui l’ont menée à la déchéance durant de longues années avant qu’elle ne soit diagnostiquée et qu’elle puisse se faire « soigner », entre guillemets, parce que les effets secondaires du traitement prescrit étaient redoutables.

 

La carrière de Nina s’est effondrée peu à peu à partir du moment où elle s’est mise à chanter des chansons engagées, prenant, avec les armes dont elle disposait, part à la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

 

Elle a lutté contre l’oppression raciste mais, dans sa maison, elle était soumise à une oppression sexiste.

 

On parle peu du rôle joué par les femmes quand on parle de ces luttes contre la ségrégation. Les grands leaders charismatiques de cette période étaient des hommes qui pensaient que la place des femmes était au foyer et pas sur le devant de la scène, à leurs côtés.

 

Nina Simone s’est engagée dans cette lutte autant qu’elle a pu. Elle dit, à un moment, qu’elle aurait voulu prendre les armes, agir avec ceux qui tenaient les discours les plus virulents. Elle ne l’a pas fait, dit-elle, parce que son mari ne le lui a pas permis. Tant mieux, sans doute. Mais cela dit à quel point elle était enfermée dans ce rapport de domination.

 

Nina Simone est un personnage dérangeant, hors normes, avec ce visage si particulier, cette silhouette longiligne qui respecte ses propres canons de beauté et bien sûr, cette voix.

 

Son histoire est douloureuse et extraordinaire, elle prend aux tripes.

 

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La vie quand on se risque à la vivre, quoi…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



24/04/2019
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