Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

"Tous winners ! Comprendre les logiques du succès", Malcolm Gladwell, 2008


 

Ah, cela faisait longtemps qu’un bouquin ne m’avait pas enthousiasmée à ce point.

 

En lisant le titre et le résumé j’ai pensé que c’était un livre de développement personnel mais ce n’est pas vraiment cela.

 

C’est plutôt une étude des facteurs qui favorisent le succès.

 

Mais c’est écrit comme un roman.

 

L’auteur maîtrise l’art du story telling. C’est top ! C’est top ! Je suis très emballée par sa façon de procéder. Il commence par raconter l’histoire du succès telle qu’elle a été racontée dans les médias pour quelqu’un comme, par exemple, Bill Gates et puis, il annonce la couleur en disant que non, la vraie histoire, ce n’est pas ça et qu’il va nous expliquer, nous donner les éléments qui expliquent ce succès.

 

Pour moi, ça rejoint complètement la notion de déterminisme social développée par Bourdieu.

 

Je ne sais pas si déterminisme social égale déterminisme culturel.

 

Ce qu’il faut retenir de ce livre, c’est que : notre date de naissance détermine nos chances de succès ainsi que notre milieu socio culturel.

 

Oui, notre date de naissance. Il vaut mieux être né en début d’année car cela augmente les chances de réussir sa scolarité et d’être sélectionné en tant que sportif. Ben oui, si on est né en début d’année, on entre à l’école plus vieux que les autres et donc plus mature donc avec un avantage qui ne sera pas pris en compte puisque les professeurs ne font jamais référence à cette variable de maturité qui a pourtant une importance énorme quand on y pense. Plus les enfants sont jeunes et plus quelques mois font la différence. Sauf que cet écart perdure, finalement et que la tendance naturelle est d’encourager et soutenir ceux qui réussissent sans se rendre compte que ceux qui réussissent sont favorisés à la base.

 

L’âge, c’est une chose, le milieu social en est une autre.

 

Notre milieu social implique certains comportements face à la vie, face à l’autorité, face à la possibilité de faire des choix ou non. La façon dont on est élevé : nos parents nous apprennent-ils à avoir confiance en nous au point de nous exprimer, de réclamer, de nous voir comme des êtres de valeur, que nous transmettent-ils ?

 

Lorsque l’on prend un groupe de personnes ayant un QI très élevé et étant, a priori, toutes équipées pour réussir leur vie, ce sont leurs compétences sociales qui vont faire la différence, leurs capacités relationnelles, leur éducation.

 

Malcolm Cadwell donne l’exemple d’un homme qui a 200 de QI mais qui n’a pas réussi comme il l’aurait dû parce que étonnamment handicapé à ce niveau, ne sachant pas communiquer et demander quand cela lui serait utile faute d’avoir été éduqué dans cette optique.

 

L’auteur ne dit pas vraiment comment l’on peut faire pour réussir. En tout cas, il donne de sérieuses pistes en matière d’éducation.

 

Apparemment, le plus important est le travail, c’est ce qui va compenser le désavantage de départ, par exemple pour des enfants intégrant une école « de la chance » dans un quartier difficile. Discipline et travail acharné sont les facteurs de succès scolaire pour des enfants venant de milieu défavorisé.

 

Il insiste également sur le fait que l’on ne réussit pas à un instant T contrairement à ce que l’on pourrait penser. Notre réussite est le produit de notre histoire, de celle de nos parents, de nos ancêtres, de notre culture.

 

On ne communique pas de la même façon selon la culture à laquelle on appartient. La culture coréenne, par exemple, implique un rapport hiérarchique beaucoup plus important que la culture américaine, dans la culture française, il est beaucoup plus important que dans la culture allemande. Cette différence de communication a été étudiée dans un cadre particulier et assez inattendu, celui des crashs aériens. Il s’avère qu’en fonction de leur rapport à l’autorité, pilote et copilote peuvent être amenés à communiquer d’une façon qui mène au crash de manière inéluctable. Une « simple » histoire de formulation de demande en fonction du rang hiérarchique. Une façon de lutter contre le risque de crash aérien dans l’aviation touristique coréenne a été d’instituer l’anglais comme langue de travail, ainsi une barrière hiérarchique est dépassée, il est plus facile de contrer un supérieur dans une langue étrangère. Ce passage du livre fait quand même froid dans le dos.

 

Malcolm Cadwell explique également pourquoi les Asiatiques sont meilleurs en mathématiques que les européens. Il s’avère que, tout simplement leur façon de dénommer les chiffres, les nombres et d’énoncer les formules mathématiques sont moins complexes que dans les langues européennes. D’autre part, un facteur surprenant entrerait en ligne de compte… leur agriculture, oui, leur agriculture ! La culture des rizières les a amené à devenir des personnes obstinées car contrairement à la culture du blé qui implique un temps de jachère, la culture du riz se fait toute l’année et nécessite une certaine dose d’adaptation et de réflexion. Les asiatiques issus d’une culture rizicole développerait une plus grande ténacité, de manière générale, une plus grande conscience d’avoir une action sur les évènements que les européens. De fait, les élèves asiatiques passeront plus de temps à résoudre un problème mathématique que des élèves européens, étant de fait, plus susceptibles de le résoudre.

 

Ce livre s’avère plus une recherche du pourquoi la réussite que du comment.

 

Cet essai se lit comme un roman.

 

 

 


 

Sandra Ganneval, écrivain indépendant

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05/08/2018
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