Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

« Monstres » de Dominique Lebel, éditions Hélène Jacob, 2014

 

 

 

J’ai découvert Dominique Lebel en regardant l’une des vidéos consacrées au marketing dans l'autoédition de J-P Touzeau, auteur autoédité et créateur du blog Révolution Personnelle. Jean-Philippe a parlé du blog de Dominique Lebel et surtout d’un article dont le titre m’a interpellée mais que j’ai saisi à l’arraché. Il me semble que c’était : « Le journal d’une autoéditée gonflée ». Ça m’a intriguée, amusée, et j’ai fait une recherche. Je vous recommande son blog nommé  Dans mon coin, le blog de Dominique, un coin qui déborde d’humour, d’autodérision et donne une belle idée de la plume de l’auteur. Je m’y suis longuement attardée. Je ne sais pas si c’est moi (mon côté neuneu.fr) mais je n’ai pas réussi à trouver où il fallait cliquer pour s’abonner…

 

Fureter sur le blog de Dominique m’a donné envie de lire son recueil de nouvelles : Monstres. Oserai-je « m’a donné une envie monstre de lire  Monstres ? » Allez, j’ose !

 

Les monstres de Dominique Lebel ne viennent pas de l’espace. Ce ne sont ni des créatures extraterrestres ni des créatures cauchemardesques. Ce sont des monstres ordinaires. Ils pourraient faire partie de notre vie. Certains font peut-être partie de votre vie ou de la mienne mais, souvent, nous les ignorons. Les monstres savent parfois si bien se cacher. L’auteur nous parle des monstres qui font irruption dans la banalité du quotidien et qui toujours sont humains, sans doute trop humains pour que nous puissions prendre de la distance vis-à-vis d’eux.

 

Dans cette horrible galerie, on trouve entre autres, un jeune homme affublé de sœurs siamoises, la femme la plus grosse du monde, un enfant défiguré, terrifié à l’idée de voir son reflet, un chien dangereux et son maître qui le semble tout autant. L’écriture est fluide. C’est facile à lire mais ce n’est pas péjoratif. Je ne sais pas si l’on peut dire ça mais je l'écris quand même : l’écriture est claire et se teinte ici et là, se trouble pour nous entraîner vers des recoins sombres. Ainsi, le dégoût est-il distillé avec son lot de rejet et de peur. Parce que les monstres du quotidien nous font peur. Ils ne sont pas tapis dans l’ombre. Ils sont là, en plein soleil, ils ne se dissimulent pas. Et vous savez pourquoi ils nous font si peur ? Parce que nous pourrions devenir l’un d’entre eux.

 

Biographie de l'auteur, par elle-même :

 

« Je suis née à Alger, j’ai grandi au soleil et dans les bruits de fusillades. J’ai surtout gardé de ce pays le souvenir des rochers tombant sur la mer, des ruines de Tipaza et du goût des créponnés, les meilleures glaces au citron du monde. J’ai ensuite vécu à Marseille, puis à Neuilly. Les filles de ma classe passaient à cheval devant le lycée, d’autres conduisaient des voitures de sport, les foulards Hermès traînaient sur les tables et toute cette légèreté m’enchantait. Je suis devenue professeur de français à vingt et un ans, c’était une vocation et je ne regrette rien, quarante ans plus tard j’adore toujours mon métier et mes élèves et étudiants me le rendent bien. Je vis aujourd’hui en Bretagne et m’apprête à m’installer en Espagne, pour pouvoir écrire d’autres livres à l’ombre d’un parasol. J’ai publié deux romans, "Mater Dolorosa" aux éditions Amalthée et "Elle s’appelait Sonia Verjik" aux Éditions Hélène Jacob. »

J’ajoute que Dominique dessine, se dessine, une femme brune, souvent vêtue d’une robe rouge et de chaussures rigolotes (elles me font penser à celles de Daisy ou de Minnie) qui se promène parfois sur Facebook.

 

Quatrième de couverture

 

« Les monstres ne sont pas toujours ceux que l’on croit, ni si monstrueux, finalement.

 

Ceux-là nous démontrent que les idées toutes faites ont la vie dure, mais qu’il arrive qu’on les bouscule, pour peu qu’on s’approche d’un peu près : deux sœurs siamoises empoisonnent l’existence de toute une famille, une mère aimante défend bec et ongles le tueur fou qu’elle a enfanté, la femme la plus grosse du monde cache un cœur amoureux, un jeune homme défiguré essaie de surprendre son visage, un cyclope prend les traits d’un agriculteur pour passer à la télé, un maître finit par ressembler à son chien, un professeur frustré s’en prend à tout ce qui roule.

 

Ni vraiment bons, ni vraiment méchants, ni anges ni brutes, mais hors-norme en tout cas, ces sept personnages nous entraînent dans des lieux familiers où ils promènent leur bizarrerie : des maisons de banlieue, un salon de coiffure, une fête foraine, un hôpital, une ferme, une autoroute.

 

À croire que les monstres se cachent partout. »

 

Pour en savoir plus sur l’auteur, deux interviews pleines d’humour et de sensibilité :

 

http://www.editionshelenejacob.com/interview-auteur-dominique-lebel/

http://www.lalibrairiedesinconnus.com/dominique-lebel_ws167250.wsbl

 

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18/05/2015
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