Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

« Mes secrets d’écrivain, écrire un roman, ça s'apprend », Elizabeth George, 2004

 Une version vidéo de cette chronique est accessible à cette adresse : https://youtu.be/uN9ZWH8YuyM

 


 


 

Après les "mémoires d’un métier" de Stephen King, je vous propose une chronique d’un autre essai consacré au travail d’écriture, celui d’Elizabeth George.

 

Elizabeth George est diplômée de littérature anglaise et de psychopédagogie, elle « a enseigné l’anglais pendant treize ans avant de publier Enquête dans le brouillard, qui a obtenu le grand prix de littérature policière en 1988. »

 

 

Cet essai comporte 5 parties : survol du métier, les bases, la technique, la méthode, exemples et feuilles de route.

 

Chaque chapitre commence par un extrait de ce qu’Elizabeth George appelle « journal d’un roman ». Apparemment, tenir un journal du livre en cours fait partie de son processus d’écriture et lui permet de noter ses avancées, ses pannes, ses craintes, ses angoisse. Cette démarche lui a été inspirée par John Steinbeck qui avait cette habitude.

 

Afin de démontrer ce qu’elle explique, elle a choisi de parsemer son texte d’exemples c'est-à-dire d’extraits de livres, les siens, ceux d’autres auteurs. Je les ai trouvés parfois trop nombreux et parfois trop longs, ce qui a pu me déranger mais m’a permis de découvrir quelques romans, en particulier « L’arbre aux haricots » de Barbara Kingsolver.

 


J’avais consacré une chronique à « Écriture, mémoires d’un métier » de Stephen King. Si vous la lisez ou la relisez,  vous vous rendrez vite compte de la principale différence entre ces deux auteurs quant à la façon dont ils abordent l’écriture d’un roman.

 

Elizabeth George se situe dans la catégorie des architectes tandis que Stephen King est un archéologue. S’il compare l’écriture d’un roman à l’exhumation d’un fossile, pour elle, il s’agit de le construire de toutes pièces.

 

Elle est obsessionnelle et fonctionne d’une manière hyper structurée, ne commençant pas l’écriture proprement dite sans avoir construit un plan détaillé, un véritable « séquencier » qui fait penser à un storyboard, elle prend également le temps de rédiger des fiches détaillées pour chacun de ses personnages, pas de doute, elle sait ce qu’ils ont mangé la veille, elle se rend sur le lieu de l’action, prend des photos, prend des notes.

 

Dans cet ouvrage, on entre dans ses secrets de fabrication.

 

À la fin de chaque chapitre, on en trouve un résumé.

 

PRÉFACE

 

Le présupposé de ce livre, c’est que l’on peut apprendre à écrire un roman.

 

Elizabeth George voit deux aspects dans l’écriture : l’art et la technique. L’art, ce serait la sensibilité artistique difficile à acquérir et qui tiendrait donc du don ou de l’aptitude. La technique, en revanche, peut s’acquérir. Pour elle, on ne peut pas faire l’impasse sur la technique.

 

« L’art d’écrire, c’est ce qui vient une fois que vous avez appris à maîtriser vos outils, en bon artisan. »

 

Aux États-Unis, beaucoup d’écrivains célèbres donnent ou ont donné des cours d’écriture. Elle-même participe depuis des années à des ateliers d’écriture.

 

Si elle considère l’écriture comme un artisanat, pour elle, la passion et la  discipline sont des indispensables pour se livrer à cette activité.

 

 PREMIÈRE PARTIE

SURVOL DU MÉTIER

 

1. Les personnages font l’histoire

 

L’auteur doit réussir à intéresser le lecteur au destin de ses personnages.

 

Il doit aussi les faire évoluer.

 

Ce qui rend des personnages intéressants, « ce sont leurs conflits, leurs problèmes, leurs malheurs et leurs émotions. »

 

Les personnes lisses, heureuses, sans failles sont sans intérêt.

 

Elizabeth George commence par donner un nom à ses personnages, les noms sont importants et ne seront pas donnés au hasard.

 

Ensuite, elle effectue des analyses de caractère, des analyses hyper détaillées parce que cela facilite son travail d’écriture.

 

Elle a besoin de les rendre vivants avant de démarrer l’écriture de son roman.

 

L’outil principal qui permet de définir les personnages est le dialogue, il sert à définir les personnages et à mettre en place le déroulé de l’action.

 

« Les personnages font l’histoire. Les dialogues font les personnages. »

 

2. Le décor fait l’histoire

 

Elle aborde le décor avant d’aborder l’intrigue car il peut jouer un rôle clé dans l’intrigue.

 

Le décor, « c’est l’endroit où l’histoire se déroule, et, au-delà, chacun des endroits où se déroulent les diverses scènes de l’histoire. »

 

Le décor, c’est aussi l’atmosphère, le climat et les réactions émotionnelles.

 

« Le décor est une métaphore. Mais il peut aussi servir de révélateur de caractère. »

 

« C’est l’essence même de ce que les professeurs d’écriture veulent dire lorsqu’ils décrètent : « Ne dites pas, montrez. » Décrivez l’environnement d’un personnage et vous montrez qui il est. Le lecteur en déduira le reste. »

 

Il peut y avoir un contraste entre le décor et « l’évènement qui s’y est déroulé », il peut être intéressant de jouer là-dessus.

 

Elle va à l’encontre du conseil « Décrivez ce que vous connaissez. » et encourage plutôt les auteurs à de la curiosité par rapport au décor qu’ils ont envie de créer. Elle conseille de se déplacer, de voir l’endroit en vrai pour le « sentir » et lui donner vie.

 

Elle rappelle l’importance du « détail révélateur » de Bernays et Painter, un détail concret qui prendra son importance au fil du récit comme l’arme à feu trouvée dans un tiroir.

 

La meilleure façon de faire est d’intégrer la description à la narration.

 

3. Un paysage sinon rien

 

« Un environnement beaucoup plus vaste » que le décor, le paysage.

 

« Vous devez bien réfléchir au paysage de votre roman, parce que si vous arrivez à lui donner une réalité, si vous réussissez à le faire paraître réel, alors vous aurez fait un grand pas en avant vers la vraisemblance de l’ensemble. »

 

L’idéal est d’intégrer la description du paysage à la narration.

 

Afin de le rendre le plus réaliste possible, elle se rend sur les lieux de son roman et l’explore.

 

« Un bon auteur fait d’un endroit son endroit, que ce soit le monde entièrement imaginaire de Franck Herbert dans Dune ou le Sud-Ouest américain extrêmement réel de Tony Hillerman. À la fin d’un roman, si l’auteur a rendu le paysage avec talent, le lecteur a l’impression d’y être allé, de s’y être même promené. »

 

Elle évoque une notion particulière : le paysage personnel extérieur pour décrire le petit univers d’un personnage, les détails qui montrent sa façon d’être au monde : le genre de vêtements qu’il porte, le type de voiture qu’il conduit, l’état dans lequel se trouve sa voiture, son appartement, ce que cela dit de qui est cette personne…

 

Le paysage personnel intérieur s’exprime par des réflexions, des spéculations, des obsessions…

 

C’est ce qui donne de l’épaisseur à un personnage, le rend crédible, réel.

 

« Ce que vous devez garder à l’esprit, c’est que tout dans l’environnement d’une personne peut donner des indications sur son paysage interne si vous l’utilisez astucieusement. »

 

4. L’intrigue : « C’est la cause, mon âme. »

 

« L’intrigue est ce que les personnages font pour gérer la situation dans laquelle ils se retrouvent. »

 

À la base de l’intrigue, il y a un évènement déclencheur.

 

L’intrigue implique un conflit.

 

Elle conseille de voir son récit comme un assemblage de dominos, chaque élément découlant du précédent.

 

« Votre intrigue doit avoir un point culminant. »

 

« Après le moment fort, vous devez ménager des conclusions. »

 

« Les auteurs chevronnés savent qu’il faut continuellement ouvrir l’histoire. »

 

L’auteur doit savoir poser des questions mais ne pas y répondre tout de suite, voir, à ce sujet, l’article de J. Konrath : Posez des questions mais n'y répondez pas.

 

Le suspense, c’est donner envie au lecteur de savoir ce qui va arriver aux personnages.

 

Le meilleur moyen pour cela est de « charger ses personnages d’un projet. »

 

DEUXIÈME PARTIE

LES BASES

 

5. Quelques conseils avant d’en finir avec l’intrigue

 

« S’il y a une règle en matière d’écriture, c’est qu’il n’y a pas de règles. »

 

Malgré cette affirmation, vous l’aurez deviné, Elizabeth George obéit à des règles et fait systématiquement un plan avant de commencer à écrire.

 

Elle dit ressentir dans son corps quand elle tient une bonne histoire, elle éprouve une excitation particulière.

 

La première étape de son travail de préparation consiste à rédiger l’analyse de ses personnages au fil de la plume comme si elle était chacune d’eux, leur psy mais plus que leur psy, leur créateur, en fait ;).

 

Elle retient cinq caractéristiques de ses personnages comme les plus importantes :

  1. Leur besoin central.
  2. Leur démarche pathologique, c'est-à-dire, « ce qu’il fait quand il est sous pression ». « Ce qui est important, c’est que vous gardiez bien en mémoire le besoin central de chaque personnage et la démarche pathologique qui va avec. »
  3. La façon dont il gère sa sexualité.
  4. « Un élément du passé qui a eu un énorme impact sur lui. »
  5. Ce qu’il veut dans le roman.

Dans sa démarche, le personnage vient en premier, l’intrigue vient après.

 

Ensuite, elle construit un « séquencier » qui a des allures de story board.

 

Son approche est analytique et non pas instinctive.

 

L’objectif est, selon elle, de gagner du temps en se posant toutes les questions en amont pour, ensuite, rédiger le roman une fois qu’elle a répondu à toutes ses interrogations.

 

L’une des questions principales étant : comment se noue le conflit dans cette histoire ?

 

« Le conflit n’a pas besoin d’être incarné par des bons et des méchants. » Le protagoniste veut quelque chose et quelqu’un ou des circonstances l’empêchent de l’obtenir.

 

Le conflit peut être interne ou externe.

 

Elle conseille de faire augmenter le conflit au fil du récit, d’augmenter la pression pour les personnages.

 

Il s’agit de mettre en place une intrigue principale et des intrigues secondaires en lien avec la principale. Toutes les intrigues devront être résolues à la fin.

 

7. Au commencement : des décisions, encore des décisions, toujours des décisions

 

À quel moment commencer l’histoire ? C’est le premier choix que doit faire un auteur.

 

« Peu importe la façon dont vous décidez de commencer votre roman, vous devez veiller à ce que l’ouverture soit excitante ou prometteuse d’excitation, qu’elle intrigue le lecteur ou qu’elle le captive. Elle doit laisser présager certains éléments du conflit qu’on retrouvera dans l’intrigue principale ou dans l’intrigue secondaire, ou elle doit apporter – même sous forme métaphorique – un indice du thème. »

 

Elizabeth George conseille une nouvelle fois d’être attentif à ses sensations physiques quand on écrit, c’est ce qu’elle fait, elle ressent les choses davantage dans son corps que dans sa tête.

 

La question primordiale à se poser durant le processus d’écriture est la suivante : comment accrocher le lecteur ?

 

8. Là où il y a point de vue, il y a une voix

 

L’écrivain doit faire un choix quant au point de vue de son roman, c'est-à-dire qu’il doit décider qui  raconte l’histoire, où cette personne se situe, comment elle raconte.

 

Plusieurs points de vue sont possibles :

  • Le point de vue objectif, pour l’illustrer, elle fait référence au style journalistique de Ernest Hemingway qui tient le lecteur à distance
  • Le point de vue omniscient, celui du conteur
  • Le personnage point de vue qui favorise l’intimité, l’authenticité, la crédibilité. Soit « je », soit « il ».
  • Le point de vue à personnages multiples, il s’agit alors de trouver la voix de chacun, soit « je », soit « il ou elle ».
  • Le narrateur en position d’observateur comme Watson dans les enquêtes de Sherlock Holmes.

 

9. Le ton et l’attitude

 

Il s’agit de la voix narrative, la façon dont le personnage point de vue s’exprime, c'est-à-dire le ton du récit, qui sera modulé par les motivations du personnage, l’usage particulier qu’il fait du langage, son vocabulaire, son ton, son attitude. Elle doit traduire sa « manière d’être. »

 

10. Dialogues : Dites ce texte, je vous prie

 

« Les personnages parlent. Ils agissent. Ils font les deux en même temps. »

 

Le dialogue« peut (…) annoncer les évènements (…) »

 

Il indique la nature des relations entre les personnages, permet de faire des révélations.

 

Le paradoxe est le suivant : « (…) le dialogue doit paraître naturel et réel, et il ne peut pas l’être. »

 

11. Trucs et ficelles du métier de dialoguiste

 

« Certains auteurs débutants s’imaginent devoir faire preuve d’une créativité particulière dans leurs incises, croyant que les « dit-il », « dit-elle » répétés manquent de punch et de personnalité, alors que « dit » est un petit mot miracle que personne ne devrait abandonner. En réalité, quand un auteur écrit « dit-il », l’œil du lecteur glisse dessus sans s’y arrêter. Le cerveau note le nom du locuteur, ignorant tout simplement le verbe qui l’accompagne – pourvu que ce soit le verbe « dire ». C’est plus ou moins ce qui se passe aussi avec « fit », « demanda » et « répondit ». »

 

Tout comme Stephen King et bien d’autres, elle conseille de se méfier des adverbes.

 

On peut parfois choisir le style indirect quand dérouler des dialogues serait trop long et un peu ennuyeux pour le lecteur.

 

12. La scène : non, ce n’est pas du gâteau.

 

« Construisez votre scène comme si c’était une histoire complète, et mettez-la en forme comme une histoire. »

 

Il y a de nombreuses façons de faire. On peut utiliser la technique cinématographique et construire la scène comme une scène de cinéma, celle du flashback et bien d’autres encore.

 

 « S’il y a une règle et une seule, c’est que tout ce qui marche marche.  En dehors de ça, tout se résume à un conflit (interne ou externe), un point culminant, et une résolution. »

 

TROISIÈME PARTIE

LA TECHNIQUE

 

13. Savoir, c’est le pouvoir, la technique, c’est la gloire.

 

Elle parle d’un don d’aisance langagière pour certains, un talent qui même s’il existe implique d’acquérir une certaine technicité.

 

Elle parle ici de la boîte à outils avec les éléments de base que sont la phrase et sa structure, le paragraphe…

 

14. Nouer les fils épars

 

 « (…) le suspense est tout ce que fait l’auteur – ou tout ce qu’il pourrait faire – pour obliger le lecteur à tourner les pages de son livre. Point final. »

Le suspense consiste tout simplement  à faire des promesses au lecteur.

 

4ème PARTIE

LA MÉTHODE

 

15. À petits, tout petits pas, comme un bébé

 

« (…) chaque auteur doit mettre au point sa propre méthode, c'est-à-dire ce qui marche pour lui. »

 

Elle décrit la sienne, sa façon de construire son intrigue, son travail de préparation, un énorme travail de préparation qui fait flipper tout écrivain débutant ou tout écrivain qui ne peut fonctionner qu’à l’intuition ou en se surprenant au fil de son écriture.

 

« Écrire est un boulot comme un autre. » ajoute-t-elle.

 

16. Une recette magique : la colle au cul

 

Brice Courtenay, auteur australien, a inventé le concept de la colle à cul ; pour écrire un livre, il faut, tout simplement, être capable de rester assis suffisamment longtemps sur sa chaise.

 

Dans ce chapitre, Elizabeth George raconte son parcours.

 

Ses résultats scolaires, son goût pour la lecture et l’écriture la destinaient à une carrière dans l’écriture mais :

 

« J’avais toujours été assez discrète et effacée. L’idée de parler de moi ou de mes succès me faisait le même effet que si j’avais dû baisser ma culotte en public. »

 

« (…) toute ma vie, j’ai manqué de confiance en moi, j’ai douté de mon talent (le seul fait d’écrire ce mot, talent, me met mal à l’aise), et je redoutais d’être rejetée. »

 

Elle étudie l’anglais et la psychologie.

 

Elle explique avoir pratiqué l’évitement pendant des années.

 

L’élément déclencheur fut l’achat par son mari d’un ordinateur.

 

Elle a mis 20 ans pour oser envoyer un texte à un éditeur mais elle écrit depuis ses sept ans, environ.

 

C’est au bout du 3ème roman que son manuscrit est accepté.

 

« D’abord et avant tout, ce qui compte, c’est que vous écriviez ce que vous avez envie d’écrire, et pas ce que vous croyez qui va se vendre (…) »

Elle évoque la solitude de l’auteur et la mise en danger sur un plan psychologique qu’implique, parfois, l’acte d’écriture.

 

« J’écris parce que j’étais faite pour écrire, destinée à écrire, née pour ça. J’écris parce que c’est ce que je suis. »

 

17. Bribes de questions et de réponses

 

Elizabeth George évoque dans ce chapitre sa routine d’écrivain, entre autres, elle pratique une activité physique pour lutter contre la dépression et s’initie à la méditation.

 

5ème PARTIE

EXEMPLES ET FEUILLE DE ROUTE

 

Cette 5ème partie est pratique. Les chapitres 18, 19 et 20 sont consacrés à la présentation de certaines techniques qui aident à mettre en place un intrigue, elle propose une feuille de route à utiliser lorsque l’on veut créer ses personnages, une liste de métiers que l’on peut leur attribuer, détaille encore sa façon de travailler sur la mise en place du décor.

 

21. Encore quelques mots…

 

« Si vous avez du talent, de la passion et de la discipline, si vous avez ces trois qualités, vous serez publié. Si vous avez deux de ces trois qualités, quelle que soit la combinaison – soit le talent et la discipline, soit la passion et la discipline – vous serez probablement publié. »

 

 « Beaucoup de gens ne veulent pas écrire, ils veulent avoir écrit. »

 

« (…) les écrivains, ce sont des gens qui écrivent et qui écriront toujours, quoi qu’il arrive : ils respirent, non ? Ils ne peuvent pas faire autrement. Il faut bien qu’ils vivent. »

 

22. La méthode dans une coquille de noix.

 

Où l’on trouve un résumé complet de sa méthode de travail.

 

 

 

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Clin d'œil

 

 

 

Sandra Ganneval, écrivain indépendant

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01/09/2018
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