Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Le plus grand des flemmards

Extrait de SOS FLEMMARDS :

 

« SOS FLEMMARDS

 

Vous souffrez d’une maladie incurable : la flemmingite aiguë. Laissez-nous faire les choses à votre place : le ménage, la lessive, choisir un cadeau pour votre fiancé(e), trouver le restaurant idéal, organiser vos fêtes, réserver vos billets de train ou d’avion, rédiger vos rapports, vous trouver une compagne ou un compagnon, gérer votre argent… N’hésitez pas, contactez-nous par téléphone au… ou par mail : sosflemmards@...fr » p. 127

 

J’imagine que si je vous demande de me citer le héros le plus flemmard de la bande-dessinée, vous allez hésiter une seconde, mais pas deux.

 

Eh oui, c’est lui, Gaston Lagaffe. Gaston, le flemmard… quoique… en y réfléchissant bien, Gaston est-il aussi flemmard qu’il en a l’air ? Son attitude face au travail ne serait-elle pas, au fond, très au fond, je vous l’accorde, des plus saines ?

 

Peu stressé, Gaston, né en 1957 vit vieux et heureux. Il ne risque pas de faire une dépression, le harcèlement moral imposé par Fantasio puis par Prunelle lui passe au dessus de la tête avec autant de grâce que sa mouette rieuse.

 

Gaston est imperméable à la pression. Il a bien trop de soupapes de sécurité pour en souffrir.

 

Gaston ne pratique pas l’art de ne pas travailler au travail puisque, Gaston, quand il ne dort pas ou ne cherche pas l’astuce infaillible pour dormir au boulot, travaille. Si, si, si. Il peut même faire des heures supplémentaires, et sans rechigner.

 

Il consacre son temps de travail à faire vivre ses passions :

 

Le bricolage, car Gaston est avant tout un inventeur, un inventeur raté, certes, mais un inventeur quand même. Il est le roi de la récupération puisqu’avec lui rien ne se perd, tout se recycle, aujourd’hui, on l’appellerait un décroissant.

 

La création, souvenez-vous de ses déguisements, de ses sculptures.

 

La cuisine, pas gastronomique, plutôt catastrophique, hum, la morue aux fraises, non, non, je n’y goûterai pas. Sans façon, merci.

 

L’horticulture, il fait des greffes et parvient même à créer des êtres hybrides entre cactus et escargot, doué le mec.

 

La biologie, donc.

 

La chimie amusante et explosive, bien sûr, sinon, ce ne serait pas drôle.

 

L’amour des animaux, chat, mouette rieuse, escargot, ses amis savent toujours à qui confier leur compagnons à quatre, deux ou plus de pattes, voire même sans pattes, lorsqu’ils partent en vacances.

 

La musique, j’allais oublier la musique… car Gaston est aussi musicien, enfin, c’est peut-être beaucoup dire, mais quelle créativité dans la réalisation de nouveaux instruments aux sons des plus inattendus.

  

Donc, vous voyez, Gaston Lagaffe, loin de n’être qu’un paresseux, un flemmard, est avant tout un curieux, un scanneur, diraient certains, c'est-à dire un touche-à-tout.

 

Je trouve que Gaston incarne bien une certaine ambigüité de notre rapport au travail. Bon, je ne parle peut-être que pour moi.

 

Travailler, c’est nécessaire, il faut bien que l’argent rentre, mais s’il est possible de faire durant son temps de travail tout autre chose que ce pour quoi on reçoit notre virement en fin de mois, pourquoi pas ?

 

D’ailleurs, certains vivent leur journée de travail à la Gaston Lagaffe, glissant leur passion entre deux tâches. Le surf sur Internet, lorsque l’on travaille dans un bureau, rend la chose plus facile. C’est même le thème d’un site :

 

"glande à fond", présenté dans cet article de Libération, on y trouve des astuces pour glander au boulot, être payé à en faire le moins possible.

 

D’autres encore, les fous, insensibles au discours ambiant - c’est la crise, nom d’une pipe en bois ! Vous n’avez pas compris ? On s’accroche à son travail, qu’on l’aime ou pas, on s’y accroche comme une sangsue, comme un morpion.- font – tenez-vous bien - des pauses entre deux CDD, entre deux missions d’intérim, ils se paient même parfois le luxe de démissionner.

 

Ils anticipent, mettent de l’argent de côté, prenant à l’avance quelques mois, quelques années d’une retraite qu’ils ne sont pas sûrs de toucher un jour. Ils voyagent ou restent sur place, prenant juste le temps de ralentir le rythme.

 

Je me souviens de ce slogan publicitaire : « Le luxe, c’est d’avoir de l’espace ».

 

Je crois que le luxe, c’est d’avoir du temps.

 

Et le comble du luxe, c’est d’avoir de l’argent pour profiter de ce temps. Pas des millions, juste de quoi « profiter de la qualité de l’air… admirer la nature… respirer autre chose que des hydrocarbures… ne plus voir l’Amazonie se transformer en tas de sciure… apprendre à vivre ensemble… »

 

Bon, allez, autant écouter la chanson…

 

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le commenter et à le partager. Merci de votre visite !

 

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18/04/2012
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