Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

La violence des femmes

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Femme battant son mari, Durer XVII e siecle

 

Statistiquement, les femmes tuent moins que les hommes. 90% des homicides seraient commis par des hommes aux USA et au Canada.

 

http://homofabulus.com/quel-sexe-tue-le-plus-et-pourquoi-a…/

 

Il y a plus d’hommes en prison que de femmes. Elles y sont minoritaires, représentant « 3,6% de la population carcérale au 1er janvier 2019 (2534 personnes) » en France.

 

https://oip.org/decrypter/thematiques/femmes-detenues/

 

Il semble que nous contrôlions mieux nos pulsions agressives que nos homologues masculins.

 

Peut-être parce que l’on nous a appris à les réfréner.

 

Nous n’avons pas la même éducation que les hommes. Et on a beau, en tant que mère, remettre parfois en question l’éducation genrée, on ne traite pas nos filles comme on traite nos garçons.

 

Et, à la crèche, à l’école puis, dans le monde du travail, il en va de même.

 

On est plus permissif avec les garçons qu’avec les filles. Les garçons sont plus incités à s’exprimer, on tolère mieux leur agressivité, ils ont du caractère, les filles, en revanche, sont capricieuses. Ils sont incités à avoir des activités physiques, les filles sont plus incitées à avoir des activités intellectuelles, au calme…

 

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on est plus indulgent avec les garçons qu’avec les filles, on tolère mieux leurs colères, on les rassure davantage, ils ont plus le droit, l’autorisation tacite de s’exprimer et y sont encouragés.

 

À l’école dont les acteurs adultes sont, en majorité, des femmes, les garçons sont plus incités à prendre la parole, à intervenir, ils sont plus écoutés, on coupe plus facilement la parole à une fille qu’à un garçon.

 

Je vous renvoie à cet article passionnant sur l’éducation genrée :

 

https://edupass.hypotheses.org/1036

 

Si les garçons ont des comportements violents, peut-on attribuer cela à la testostérone, l’hormone mâle par excellence ? Apparemment, même si elle entre en jeu, elle ne peut pas tout expliquer et il faudrait interroger d’autres facteurs comme l’environnement social. Idem pour les filles et la fameuse ocytocine, l’hormone de l’attachement.

 

http://theconversation.com/la-fabrique-des-filles-et-des-ga…
https://www.lesinrocks.com/…/les-hommes-sont-ils-violents-…/

 

Un autre fait me pose question : il est rare que les tueurs en série soient des tueuses.

 

http://madame.lefigaro.fr/…/les-hommes-serial-killers-et-le…

 

On a du mal à reconnaître la violence chez une femme, c’est dérangeant, surtout quand cette violence est dirigée vers la chair de sa chair. Les matricides font la une des médias toujours avec cette même stupéfaction terrifiée, oui, des femmes tuent leur bébé à la naissance et les congèlent et c’est horrible.

 

Les femmes ne sont pas des saintes.

 

Les meurtrières célèbres sont, parfois, les joliment nommées veuves noires, elles tuent leurs maris par intérêt.

 

Oui, car les femmes tuent rarement par plaisir pervers. La folie féminine s’exprime en général d’une autre façon.

 

Et je me demande si le fait que l’on soit, nous les femmes, potentiellement capable de sortir un autre être de nos entrailles est inscrit dans nos gênes au point de nous obliger à respecter la vie malgré nos désordres mentaux.

 

Les femmes tuent pour se venger mais parfois, après un long temps de préparation mentale, comme s’il fallait que la souffrance endurée ait atteint une acmé pour qu’elles puissent se résoudre à passer à l’acte.

 

Je pense à Nadine Sauvage qui après 47 années de violences conjugales tant physiques que psychologiques a assassiné son mari, j’ai envie d’écrire enfin ! tant une partie de moi comprend ce geste extrême.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Jacqueline_Sauvage

 

Dans les films, dans les romans, il n’est pas si évident que cela de trouver des personnages féminins violents.

 

Me vient l’exemple d’un film que j’aime beaucoup : « Kill Bill » de Quentin Tarentino.

 

« Kill Bill » est l’histoire d’une vengeance féminine.

 

Beatrice Kiddo, alias Black Mamba, superbement interprétée par Uma Thurman, se venge de son mentor, Bill, qui, après avoir laissé ses complices la tabasser, lui a tiré une balle dans la tête. Mais, Beatrice a survécu et s’est retrouvée dans le coma durant quatre ans, revenant dans le monde des vrais vivants grâce à une piqûre de moustique.

 

Je ne sais pas combien de personnes Beatrice tue avant de parvenir à son objectif ultime, tuer Bill.

 

Ce film m’a marqué parce qu’il n’est pas si fréquent qu’une femme (à la moralité douteuse, au demeurant, puisqu’elle officiait auprès de Bill en tant que tueuse) dégomme ainsi, à coups de sabre, quelques femmes et surtout des hommes.

 

Évidemment, un paquet de détails sont peu crédibles dans les deux volets de « Kill Bill » mais la mise en scène est extrême et folle, le mélange entre cinéma et film d’animation est brillant, les références au cinéma de Bruce Lee font de ce film une sorte d’ovni et rendent d’autant plus plausible la posture vengeresse de l’héroïne.

 

Pour la petite anecdote, Uma Thurman s’est plainte, au moment du déchaînement du mouvement #metoo d’avoir été maltraitée sur le tournage par Quentin Tarentino et son équipe :

 

https://people.bfmtv.com/…/harcelement-uma-thurman-en-veut-…

 

Quand les femmes sont ainsi, dans le cinéma, dans la littérature, des guerrières invincibles, c’est intéressant parce que, bien souvent, sur le grand ou le petit écran, nous sommes plutôt des victimes, ou des personnes à sauver.

 

Dans les années 70, les femmes hurlaient beaucoup à l’aide dans les films d'horreur.

 

Un virage avait été amorcée dans les années 90 avec "Scream" dont l'héroïne a un sacré répondant face au tueur qui la poursuit.

 

Aujourd’hui, grâce à des films comme « Hunger game » ou « Divergente », on peine moins à les imaginer n’ayant pas besoin d’un homme pour se défendre et assumant la violence qu’implique le fait de se défendre.

 

Ben oui, une femme, c’est doux et gentil, par nature, non ?

 

Je m’interroge : est-ce que nous, les femmes, tolérons davantage la violence qui est exercée sur nous parce que l’on nous a, d’une façon sournoise, éduquées à cela (tous les trois jours, en France, une femme meurt de violence conjugale, c’est un chiffre ahurissant) ? Ou y aurait-il une autre raison ? La culture, les attentes vis-à-vis du féminin ?

 

J’avais fait une vidéo sur ma chaîne dans laquelle j’exprimais mon ressenti face à la campagne de publicité contre le harcèlement de la RATP.

 

https://youtu.be/l9i6hzk_JGc

 

J’y défendais l’idée que, dans ce genre de campagne, les femmes étaient appréhendées avant tout comme des victimes et pas comme des personnes capables de se défendre face à la violence.

 

Peut-être parce que justement, la société nous recommande sournoisement de la subir plutôt que de nous en défendre, parce que la soumission, dans l’imaginaire collectif (féminin et masculin), c’est féminin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



10/03/2019
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