Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Joseph dans la barbarie ordinaire

Extrait de SOS FLEMMARDS :

 

"L’ambiance dans l’agence était tout sauf réjouissante. De plus, il y flottait par temps chaud une odeur de remontée d’égout provenant des toilettes du rez-de-chaussée.

 

La plupart des gens qui travaillaient là semblaient y avoir atterri par défaut, expliqua-t-il à Martial : les obèses, les handicapés, les Antillais et les descendants d’immigrés pour échapper à la discrimination du privé, les paresseux pour ne pas être virés malgré leurs retards, absences et inactivité avérés, les arrivistes pour grimper dans la hiérarchie et mépriser la masse laborieuse, les Bac ++ parce que leur Bac ++ n’avait été la clef d’aucune porte ouvrant sur d’autres perspectives plus réjouissantes, et les idéalistes pour faire du social avec le cœur sur la main. Les différentes options pouvaient bien sûr se combiner entre elles." p. 54

 

 

 

A ma connaissance, deux ouvrages abordent le thème du Pôle Emploi.

« 183 jours dans la barbarie ordinaire » de Marion Bergeron, éditions PLON, 2010

 

 

En voici le résumé :

 

« Avril 2009, France, banlieue parisienne. Au cœur de la crise qui explose, une jeune femme franchit la porte de Pôle Emploi, fraîchement embauchée par ce nouvel organisme qui se charge de l’indemnisation et du conseil des chômeurs.

Plongée dans les entrailles du système, les deux mains dans la boue, elle raconte l’envers du décor. La violence de la misère. L’apprentissage de l’impuissance.
Le naufrage d’une administration qui détruit, sans remords, ses usagers et son personnel.

Prisonnière de son guichet d’accueil, méprisée et épuisée, elle raconte ce travail qui balaie sa vie privée, emporte ses principes et brûle ses dernières illusions.

Ce livre n’est pas une compilation d’anecdotes. Ce n’est pas un ultime état des lieux du marché de l’emploi et de l’Administration française. C’est le récit de six mois de travail précaire. Une réalité crue, bouillonnante de souffrance et de désespoir. Bienvenue en enfer. Bienvenue à Pôle Emploi.

25 ans, graphiste, étudiante, chômeuse, free-lance, Marion Bergeron est à
l’image de la jeunesse française : énergique et motivée, mais trop jeune pour
le marché du travail. »

 

http://www.actuchomage.org/2010112213202/La-revue-de-presse/pole-emploi-le-livre-temoignage-de-marie-bergeron-choque-ses-ex-collegues.html

http://www.francesoir.fr/bienvenue-dans-l%E2%80%99enfer-pole-emploi-61278.html

 

« Confession d’une taupe à Pôle Emploi » de Gaël Guiselin - un pseudo - avec le concours d'une journaliste, Aude Rossigneux, éditions Calman Levy, 2010

 

 

En voici le résumé :

 

« Un témoignage décapant et explosif, un état des lieux accablant sur Pôle emploi.


Et si Pôle emploi empêchait de retrouver du travail ? Alors que la crise économique a fait exploser le compteur du chômage, rien ne va plus. Agents débordés, déprimés, manque d’information et de formation, culte de la rentabilité et privatisation des missions : la fusion ANPE-Assédic est très difficile.


Le leitmotiv ? Faire du chiffre. Temps réduit pour chaque demandeur d’emploi, radiation pour des broutilles… Globalement, Pôle emploi semble considérer tout demandeur comme un fraudeur en puissance, un suspect permanent. Plus grave, les réformes se succèdent à un rythme tel que les agents n’ont pas le temps de les assimiler. Que dire alors des demandeurs !


Conseiller de Pôle emploi, et ancien chômeur de longue durée, Gaël Guiselin a une chance : il connaît les deux côtés du guichet. Dans ce livre coup de gueule, il fait un état des lieux accablant mais donne également des ficelles pour ne pas se faire broyer par la machine administrative. Un petit livre
salutaire. »

 

http://blog.lefigaro.fr/social/2010/03/mercredi-sort-en-librairie-un.html

 

J’ai l’impression que peu d’auteurs ont eu envie de mettre en place une fiction dans cet espace
particulier qu’est une agence pour l’emploi.

 

Ces deux livres sont des témoignages de conseillers en souffrance. Effectivement, il y avait déjà
des choses à dire sur l’ambiance de l’ANPE. Lorsqu’elle est devenue Pôle Emploi, il semble que la situation se soit aggravée.

 

« SOS FLEMMARDS » m’a, en partie, été inspiré par mon parcours professionnel.

 

J’ai travaillé en tant que conseillère à l’emploi chez Pôle Emploi, du temps où il s’appelait encore ANPE. Et j’ai pris courageusement la fuite dès que cela a été possible pour moi. La sensation d’absurdité que j’éprouvais trop souvent en faisant ce travail me paraissait un sujet idéal de roman.

 

L’idée de partager cette expérience de façon ludique me trottait dans la tête depuis un bon moment. De façon ludique, car il était hors de question de plonger dans la mélancolie. Je voulais y placer un personnage décalé qui ne subirait pas sa situation professionnelle ou la subirait le moins possible. Un personnage qui parviendrait à contrer, en quelque sorte, même s’il en est conscient, l’absurdité
du système dans lequel il se trouve amené à évoluer.

 

Joseph a suffisamment de ressources et une vie personnelle assez riche pour ne pas se laisser dévorer par son travail et conserver la distance nécessaire pour en voir avant tout les avantages et en relativiser les inconvénients. C’est pour cela que je le qualifie de héros du quotidien dans ma bande annonce.

 

Son humour, son côté rentre-dedans lui permettent de ne pas subir une situation qu’il n’avait pas
prévu de vivre. Comme beaucoup de personnes travaillant dans l’administration, il atterrit là un peu par hasard, par souci, surtout, de sécurité professionnelle dans une période où la peur est à l’honneur. Peur de ne pas trouver du travail, peur de le perdre lorsque l’on en a un, peur qui nous
incite parfois à accepter des conditions de travail que l’on n’accepterait certainement pas hors période de crise. On irait sans tarder voir si ailleurs l’herbe n’est pas plus verte.

 

Joseph n’est pas centré sur la peur, ni sur la frustration. Je ne sais pas s’il fera toute sa carrière
au Pôle Emploi mais je sais que c’est le genre de personne qui s’arrangera toujours pour voir le bon côté de la vie et en aborder les mauvais avec un certain art du second degré.

 

Même si ses défauts m’indisposent, c’est un personnage que je suis contente d’avoir rencontré.

 

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à le commenter et à le partager. Merci de votre visite !

 

 

 

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01/02/2012
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