Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

« Je ne suis que la secrétaire », Laurence Lopez, édition indépendante, 2015


 

 

 

Je ne sais pas si vous vous souvenez, il y a quelques années de cela, une jeune femme avait tenu un blog consacré à son métier de caissière. Elle s’appelait Anna Sam et racontait comment, après avoir fait de brillantes études et obtenu un diplôme universitaire de littérature, elle n’était pas parvenue à trouver un emploi en rapport avec sa formation et était obligée de travailler comme caissière. Avec humour, elle décrivait son quotidien, le peu de considération de la plupart des clients et le sentiment de dévalorisation que peut entraîner le fait de se retrouver à exercer un métier que l’on n’a pas choisi. Le blog s’est transformé en livre ( "Les tribulations d'une caissière"), publié par un éditeur, un scénario a été tiré du livre et a donné lieu à un film. Le livre s’est bien vendu.

 

"Je ne suis que la secrétaire" m’a fait penser à l’aventure d’ Anna Sam.

 

Laurence Lopez n’a pas démarré sa carrière de secrétaire par défaut, en étant bardée de diplômes n’ayant rien à voir avec ce métier mais, on peut dire qu’elle l’a démarrée par erreur.

 

Tout commence avec une conseillère en orientation aux airs de Cruella, autant à l’écoute des élèves que le lui impose l’académie. Elle doit inciter les jeunes à aller vers certaines classes qu’ils le veuillent ou non. Laurence rêvait de préparer un Bac littéraire, elle se retrouve dans une filière économique alors qu’elle est… (c’est elle qui le dit) une vraie « quiche » en maths. Rêve cassé qui la mène à un IUT de commerce où elle s’ennuie à mourir et qui la conduira à un premier stage de secrétariat pour, finalement, faire carrière dans ce métier.

 

Mais, ce qui intéressait Laurence et qui, heureusement, n’a jamais cessé de la passionner, c’est la littérature.

 

Ah, les conseillers d’orientation ! Si nos destinées ne tenaient qu’à eux, nous serions bien peu à courir après nos rêves et à les attraper parfois.

La secrétaire.

 

Nous en connaissons tous une, de près ou de loin.

 

Nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre au barrage de la secrétaire et elle nous a agacés en nous demandant, avec insistance, de préciser l’objet de notre appel.

 

̶  « Allo, Madame Untel ? demande la personne au bout du fil sur un ton enjoué.

̶ Non, désolée, c’est la secrétaire.

̶ Ah !

(…) Car la secrétaire est la gardienne du temple, elle ne laissera passer personne sans lui avoir imposé un maximum d’épreuves (…)»

 

Barrage particulièrement énervant lorsque l’on recherche un emploi, que l’on nous a suggéré de contacter Monsieur ou Madame Machin et qu’il faut argumenter maladroitement au téléphone avec quelqu’un qui nous paraît plus tenir du cerbère que de la blonde sexy (encore elle !).

 

La secrétaire.

 

Indispensable et mal aimée. Le titre le dit bien : « Je ne suis que la secrétaire ». Eh oui, bien qu’indispensable, la secrétaire est souvent assimilée à la cinquième roue du carrosse.

 

Pourtant, elle se trouve dans une position délicate, faisant office de tampon entre le professionnel pour lequel elle travaille et le public. Elle est en première ligne et subit la colère des usagers.

 

Laurence Lopez nous raconte son métier avec humour, un humour indispensable pour ne pas craquer, envoyer bouler les clients ou devenir la proie du burn out.

Si les anecdotes sont amusantes, c’est aussi parce que Laurence manie également l’autodérision, arme indispensable pour décrire un quotidien parfois difficile.

 

On pourrait parfois considérer qu’il s’agit d’un sale boulot et pourtant... c’est aussi l’occasion de belles rencontres et de revoir ses a priori sur l’humanité.

 

Laurence n’hésite pas à casser certains mythes comme celui de la secrétaire qui deviendrait souvent la maîtresse de son patron ou, mieux encore, finirait par l’épouser. D’après son expérience, cela n’arrive que très rarement. Allez, fini de fantasmer !

 

Plus technique, elle nous décrit les transformations d’un métier et ses différentes ramifications.

 

La secrétaire est parfois vue comme la corvéable à merci idéale et, bien sûr, souvent, elle a tout intérêt à savoir préparer le café.

 

Secrétaire, cela fait partie des métiers féminins par excellence, comme infirmière, auxiliaire de puériculture ou assistante sociale. Des métiers qui demandent de l’attention, un certain sens de l’écoute, une grande disponibilité, des qualités qui ne sont, apparemment, pas l’apanage des hommes.

 

Malheureusement, les métiers en majorité féminins ne sont pas reconnus à leur juste valeur, et leur rémunération ne correspond pas toujours à l’expérience et aux diplômes exigés. Peut-être parce que les femmes ont tant à gérer en plus de leur carrière et que leur éducation les incite davantage à subir qu’à revendiquer (oui, il y a une féministe qui sommeille en moi, lol).

 

Se dessine à travers ce portrait de secrétaire une personnalité sympathique et attachante. Après avoir lu « Je ne suis que la secrétaire », vous ne regarderez plus les secrétaires de la même façon et ferez probablement preuve d’un peu plus d’indulgence à leur égard si ce n’était déjà le cas.

 

L’auteur

 

« Laurence LOPEZ-HODIESNE est née avec un stylo dans la main (piqué dans la poche de la blouse du gynécologue qui voulait à tout prix la faire sortir du ventre de sa mère). Elle ne cesse dès lors de l'utiliser pour coucher sur papier les histoires qui lui passent par la tête. Vivant actuellement dans l'arrière-pays niçois avec son mari et ses enfants, elle exerce le métier d'assistante commerciale, car écrire ne nourrit pas sa femme... Rejoignez-moi sur mon blog :

 

Un livre, une toile

 

Ils l’ont lu et apprécié :

 

http://booknode.com/je_ne_suis_que_la_secretaire_01662003

 

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05/07/2015
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