Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Écrire ce qui se vend ou écrire ce que l’on a envie d’écrire ?

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Il y a quelques jours, je discutais avec une amie de ma vie d’auteure indépendante salariée en disponibilité depuis bientôt deux ans. Et je faisais un bilan des mois écoulés avec une pointe d’angoisse dans la gorge, comme à chaque fois que je fais le bilan de mes résultats. Cette amie me disait avec l’esprit d’entreprenariat qui la caractérise et qui fait mon admiration que je devrais me fixer une date limite pour atteindre mon objectif qui est, je vous le rappelle, pour ceux qui ne suivent pas mon actualité au jour le jour, les yeux exorbités par l’intérêt qu’ils me portent, de vivre de mon écriture. Elle m’a également suggéré d’écrire ce qui se vend.

 

Logique et pleine de bonnes intentions, je n’en doute pas une seconde et si vous connaissiez la grandeur d’âme de mon amie, vous n’en douteriez pas non plus.

 

Me fixer un délai ? C’est que disent les personnes qui pratiquent le coaching, il faut se fixer un délai afin de programmer son mental et mobiliser toutes ses ressources dans ce sens. Ok. Ok. C’est vrai, parfois, se fixer une dead line peut aider à atteindre un objectif. Si dans les 5 minutes qui viennent mon fils crie encore une fois, je m’engage à le punir, il n’aura pas le droit de vider le lave-vaisselle pendant une semaine, il s’occupera du linge et récurera les toilettes à la place. Mais, non, je plaisante. (Il fait déjà tout ça) Rigolant.

 

Sérieusement. Quel délai puis-je me fixer en termes de réussite ? Je peux me fixer des délais en termes de tâches à accomplir, du genre écrire tant d’heures par jour, publier tant d’articles pour mon blog durant un temps défini, faire un certain nombre de vidéos pour ma chaîne YouTube, sortir un nouveau livre à telle date mais comment maîtriser le succès que vont avoir mes actions dans ce temps limité ? Cela peut fonctionner à la date que j’aurais fixée comme cela peut ne pas fonctionner. L’essentiel étant d’accomplir ces actions malgré la part d’incertitude. C’est le plus difficile mais cette difficulté est la même pour toutes les personnes qui visent un moyen de subsistance semblable.

 

Deuxième suggestion : écrire ce qui se vend.

 

Ouh la ! Écrire ce qui se vend. Qu’est-ce qui se vend ? A priori, de la romance (« Toi et moi, enlacés pour la vie »), de la littérature dite feel good (« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle nous les brise »), de la littérature dite feel good alliée à du développement personnel (« Aimer la vie et les tartes aux fraises »), de la littérature érotique (« La petite culotte est dans l’escalier »). Comme vous pouvez le constater, j’ai des idées de titres, pour ce qui est du contenu, ça va être un poil (sans jeux de mots) plus compliqué Clin d'œil.

 

Du coup, je vais me contenter d’écrire ce qui me fait du bien en me disant que si ça me fait du bien à moi, il est possible que cela fasse du bien à d’autres. Je vais aussi me contenter d’écrire ce qui est moins glamour, plus sordide, pas feel good du tout parce que ça me fait du bien aussi et que ça peut parler à certaines personnes.

 

« L’autoédition, le choix de la liberté », c’est le titre de mon blog et ce n’est pas par hasard. Je vais continuer à écrire ce que j’ai envie et besoin d’écrire. Ça passera ou ça cassera. Je me suis trop contrainte auparavant à faire ce qu’il fallait faire. Aujourd’hui, en écriture, je fais ce que je sens que je dois faire. À tort ou à raison, l’avenir nous le dira. Les auteurs que je relis souvent ont écrit ce qu’ils avaient envie d’écrire, ce qui résonnait en eux : Stephen King et son goût pour l’horreur qui a longtemps fait que les critiques ne l’appréciaient pas (l’horreur, de la littérature, allons bon !), Charlotte Brontë et son inoubliable Jane Eyre, deux héros moches, l’homme marié qui cache sa femme dans le placard, enfin, en haut d’une tour, carrément pas bankable, ce programme, et pourtant…

 

Tout ça pour vous dire qu’en dépit du bon sens des réflexions de mon amie, je ne me fixerai pas de délai et je n’écrirai pas ce qui se vend. Je suis embarquée là-dedans comme je me suis embarquée dans les études ou dans la recherche d’un emploi. Il fallait que je finisse mes études et il fallait que je trouve un emploi, ce que j’ai fait. Il faut que j’arrive à vivre de ma plume.

 

Pourquoi ? Parce que !

 

1. Si d’autres y arrivent, je dois pouvoir y arriver. Ben oui, si d’autres y arrivent, je dois pouvoir y arriver.

 

2. J’agis tous les jours dans ce sens. Je pose tous les jours une pierre, j’écris, je me fais connaître un peu plus, je sors de ma zone de confort.

 

3. Il y a une théorie en psychologie sociale qui s’appelle la théorie de l’engagement. En gros, quand on est embarqué.e dans quelque chose, on va tout faire pour le mener à bien. Bon, en réalité, c’est beaucoup plus compliqué que ça et ça rejoint les techniques de manipulations mentales mais c’est bien de s’auto manipuler, de temps en temps, plutôt que de toujours laisser aux autres le soin de le faire.

https://www.psychologie-sociale.com/index.php/fr/theories/influence/10-theorie-de-l-engagement-et-de-la-dissonance

Donc, en général, quand je m’engage vis-à-vis de moi-même, je tiens mes engagements. Parole de quelqu’un qui a dû arrêter de manger du gluten et qui l’a fait brillamment (traduisez que j’ai bavé devant les vitrines des boulangeries avec un regard désespéré pendant des mois et que l’odeur du pain frais me mettait la larme à l’œil).

 

4. J’ai l’intuition que ça va marcher, que je vais atteindre, un jour, ce fameux point de bascule dont parle Malcolm Gladwell dans son livre « Le point de bascule ».

 


En gros, cela veut dire qu’il y a un moment clé ou une situation bascule et qu’il y a des éléments qui font qu’elle bascule. Dans mon cas, ce sera peut-être parce que j’aurais fait paraître le bon livre, parce que l’un de mes articles sera partagé et deviendra viral, que l’une de mes vidéos parlera à suffisamment de personnes qui auront envie de la partager ou que... Je ne sais pas.

 

Je me méfie de mes intuitions fortes. Vous savez quand les choses vous apparaissent comme une évidence mais que vous avez peur d’y croire parce que trop y croire, ce serait faire que cela n’arrive pas ou que cela arrive. Oui, nous sommes tous superstitieux, à notre façon, que nous le voulions ou non. Que celui qui n’a jamais croisé les doigts me jette la première pierre. En tout cas, j’ai cette intuition de la même manière puissante que j’ai eu l’intuition d’une poignée d’évènements dans ma vie. Et puis, je me dis, que tout bêtement, si l’on regarde comment les gens réussissent, je ne vous parle pas des succès fulgurants dont on nous rebat les oreilles et qui sont, au final, assez rares, mais des autres, les plus courants, eh bien, le facteur principal de succès, c’est la ténacité.

 

J’ai vraiment décidé que je vivrais de ma plume. Je sais ce que vous allez me dire, seuls zéro virgule je ne sais combien d’écrivains vivent de leur plume en France ou quelques pour cents ridicules. Alors pourquoi y arriverai-je ? Comment est-ce que je compte faire partie de ce petit pourcentage ? Je ne sais pas mais je vais continuer à avancer, un pas après l’autre, un mot après l’autre, on verra où cela va me mener.

 

 

Sandra Ganneval, écrivain indépendant

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20/07/2018
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