Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Comment trouver des titres qui déchirent... ou pas...

Mais comment tu fais pour trouver des titres aussi originaux ?

 

Oui, je le sais, mes titres vous les trouvez géniaux. Si inattendus, si brillants, si déroutants, si longs, parfois, aussi, mais tellement moi, en vérité. Cool

 

Bon, Sandra, tu arrêtes de te la raconter, s’il te plaît ! Est-ce que tu as vraiment quelque chose à partager sur la façon dont tu trouves tes titres ?

 

Mais bien sûr… Heu…

 

Bon, sérieusement, comment je trouve mes titres, je vais vous répondre.

 

Pour chacun de mes livres, je note une dizaine de titres possibles après un intense brainstorming avec moi-même, acceptant certaines idées, en rejetant d’autres sans pitié durant des heures et des heures. Ensuite, ces dix idées, je les soumets à un panel d’un million de personnes triées sur le volet. Ces personnes votent pour le titre qui leur plait le plus et ainsi je…

 

La vérité !

 

Ok, Ok, on n’est pas là pour s’amuser, j’ai compris. Clin d'œil

 

Mon prochain livre s’appellera probablement « Ni crainte, ni surprise, ni hésitation, ni doute ». Ce titre me  plaît bien. J’ai découvert cette formule dans un livre de Richard Templar (oui, Richard, pas Simon, là, si tu as moins de quarante ans, tu es larguée, à moins que tu n’aimes les romans d’espionnage ou que tu aies des parents qui te parlent du temps où Netflix n’existait pas) : « Les 100 lois de la vie, tout ce qu’il faut savoir pour une vie réussie » (des promesses, des promesses, tiens, d’ailleurs, faites des promesses  à votre lecteur dans votre titre. Les lecteurs adorent qu’on leur fasse des promesses que l’on ne tient pas Langue tirée). « D’où vient cette formule ? D’un samouraï du XVIIème siècle. C’était sa clef en quatre point d’une vie réussie – celle d’un guerrier. » écrit Richard Templar. Cette formule me plaît et je me dis que ce serait un bon titre pour un livre. J’ignore si c’est un bon titre. Je ne saurais pas définir ce qu’est un bon titre. Je saurais peut-être éventuellement émettre l’hypothèse qu’un titre n’est pas bon, instinctivement mais je me méfie de mon instinct. Il y a sans doute un public pour « Fraise et chocolat avec les extra-terrestres ».

 



Mon titre précédent, « La téléportation est un sport de combat », m’a été inspiré par un film de Pierre Carles dans lequel il suit pas à pas Pierre Bourdieu dans son travail de sociologue. Un film passionnant que je vous recommande même s’il est parfois un  peu laborieux à suivre parce que l’on voit le sociologue les mains dans le cambouis, si je puis dire, en réalité, en plein combat parce que, comme il le dit au début du film en comparant la sociologie, de manière étonnante, à un art martial, La sociologie est un sport de combat. Alors un bon titre, c’est peut-être ça, rapprocher des termes qui, en apparence, n’ont rien à voir et leur trouver un lien. « La téléportation est un sport de combat » parce que mes héroïnes doivent devenir des battantes après avoir été contraintes d’utiliser ce moyen de transport.

 

Avant « La téléportation est un sport de combat », il y a eu « Il était une fois… une horrible princesse ». Vous noterez la phrase éculée, vieille comme le monde : « Il était  une fois. » Oh, my god, Sandra, comment as-tu osé ? J’aime la simplicité. C’est un recueil de nouvelles fantastiques dont certaines font davantage penser à des contes qu’à des nouvelles. Du coup, « Il était une fois. » allait de soi. Les trois petits points pour ménager la surprise. Et puis, au lieu de la belle princesse, eh bien, la mienne est horrible, mais vraiment horrible, fruit d’une manipulation génétique en fait, oui, j’aime bien me spoiler, parfois Clin d'œil.

 

Remontons encore dans mon passé d’écrivain indépendant, nous sommes en 2016 et Sandra Ganneval autopublie « les tablettes de chocolat du père Noël ». Cette fois, le titre fait directement référence à une scène du livre. Mes trois héroïnes, invitées à une soirée de réveillon chaude bouillante (mais pas de scènes choquantes pour les jeunes spectateurs), sont fascinées par les tablettes de chocolat d’un jeune homme charmant déguisé en père Noël. Bon, là, c’était super fastoche.

 

2014. J’accouche du titre dont je suis la plus fière à ce jour et que beaucoup de malotrus prennent un malin plaisir à raccourcir, comme s’il était trop long : «  On a toujours besoin d’une blonde sexy en bikini pour vendre une machine à laver. » Alors là, même moi, je suis restée bouche bée face à mon audace. Première et inquiétante question : comment faire tenir tout ça sur la couverture d’un livre ? Je m’y suis risquée avec maladresse et détermination.

 

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Et puis, j’ai fait appel à un pro, merci David Forrest.

 

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Pourquoi ce titre ? Il m’est venu après avoir lu la citation de Marilyn Monroe qui ouvre mon récit. Elle se plaint que les femmes soient utilisées pour vendre tout et n’importe quoi. Rassure-toi, Marilyn, rien n’a changé. Le corps des femmes est toujours utilisé pour vendre tout et n’importe quoi. Elle parlait de pâte dentifrice. J’ai trouvé que remplacer le dentifrice par une machine à laver était une bonne idée, je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce que, justement, les équipements ménagers de base sont rarement vantés par des filles dénudées. Dans l’imaginaire collectif, l’équipement ménager de base est dédié principalement à un public féminin. Je referme la parenthèse féministe. Espérant n’avoir pas fait fuir l’une des dix personnes abonnée à mon blog qui a pris le temps d’arriver jusqu’ici Clin d'œil.

 

2013. « De l’autre côté de l’écran ». Pas très originale, la référence au miroir d’Alice, je le reconnais. Déjà beaucoup utilisée par d’autres. Pourquoi ce titre ? Le héros de la nouvelle qui donne son titre au recueil traverse l’écran de son ordinateur et ce, pas de façon figurée.

 

2012. « À l’eau de rose et de vaisselle », mon roman bestseller. J’en ai encore la preuve dans ma paperasse. Pourquoi ce titre ? Je voulais écrire un roman à l’eau de rose mais pas un roman gnangnan. Je voulais donc un titre qui fasse sentir cela. Jeu de mots avec eau de rose. Avec quoi d’autre associe-t-on l’eau spontanément ? Eau de vaisselle est venue très vite à mon esprit. Cela atténuait le côté romance pur et dur et collait bien avec mon personnage au ton un peu décalé par rapport au genre.

 

2011. « SOS Flemmards », pour celui-ci, je me souviens avoir hésité. Au début, je voulais l’appeler : « Joseph et Martial, fainéants créatifs », en référence à un auteur de livres de développement personnel que j’aime bien, Ernie Zelinski, qui a fait de ce mode de vie son credo. Et puis, finalement, comme mes deux « adulescents » attardés travaillent et rêvent de devenir riches, j’ai trouvé que « SOS Flemmards » correspondait mieux, parce qu’il y a dans le « SOS » ce petit côté désespéré qui fait quand même partie de cette histoire, drôle au demeurant, mais qui n’a pas rêvé d’être délivré.e de l’aliénation salariale ?

 

Eh bien, j’espère avoir répondu brillamment à la question « Comment trouves-tu tes titres ? »  tout en me demandant si « Je ne sais pas » ne reste pas la meilleure réponse.

 

Bon courage pour vos brainstormings.

 

 

Si cet article vous a plu, faites-moi plaisir, partagez-le Clin d'œil

 

Sandra Ganneval, écrivain indépendant

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19/07/2018
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