Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Charlie Bregman, « L’autoédition, pourquoi, comment, pour qui, grande enquête auprès de 130 auteurs francophones », autoédition, mars 2015


 

Comme cela fait plusieurs années maintenant que je tape avec obstination le mot autoédition (moi, je l’aime bien en entier) dans ce moteur de recherche tant controversé mais qui reste mon préféré  ̶ il commence, vous l’aurez deviné, par un G ̶, j’ai souvent vu apparaître le nom de Charlie Bregman. J’ai feuilleté virtuellement son premier roman "Vivement l'amour".

 

Si vous vous autoéditez, que vous vous sentez une peu seul dans votre bulle, lisez ce livre, il vous fera du bien.

 

Dans cet ouvrage fort instructif, Charlie Bregman nous livre le résultat d’une enquête passionnante. 130 autoédités ont accepté de répondre à un questionnaire au sujet… roulement de tambour, de l’autoédition, bien sûr !

 

Aujourd’hui, si l’on ne parvient pas à se faire éditer, on peut opter pour l’autoédition numérique. C’est « simple », « facile » et ça peut rapporter gros. Je mets simple et facile entre guillemets parce qu’on rame un peu quand même au début. On se heurte à de nombreux petits détails qui chiffonnent comme dirait l’inspecteur Colombo.

 

Charlie Bregman l'affirme, et vous savez quoi ? Je suis persuadée qu’il a raison : « L’auto-édition est une vraie opportunité ».

 

Je me suis retrouvée dans ses doutes. Effectivement, une fois qu’on a réalisé soi-même son livre, on doute de la crédibilité qu’il pourra rencontrer. Aura-t-il suffisamment de poids face à ce qui est fait par les éditeurs ? Le doute, le doute, le doute. Mais, malgré le doute, on y va quand même. Et pour certains, c’est le carton. Les "50 nuances de Grey" qui ont rempli les salles de cinéma cet hiver sont l’adaptation cinématographique d’un roman, au préalable autoédité, de E. L. James, et ce sera peut-être bientôt le cas du roman de Agnès Martin-Lugan, "Les gens heureux lisent et boivent du café", dont l’adaptation cinématographique est en préparation. Deux auteurs repérés par de grandes maisons d’édition qui ont eu le nez creux.

 

Au passage, Charlie nous rappelle que Marcel Proust a démarré sa carrière en s’auto éditant puisque « Du côté de chez Swan » avait été refusé par… Gallimard en la personne d’André Gide, qui jugea sa prose « incompréhensible » et qui s’en est mordu les doigts. Vous en saurez plus en lisant cet article.

 

L’autoédité n’est donc pas l’imposteur qu’il semble être. Il faut s’en méfier car, il pourrait largement valoir la peine de mettre le nez dans le livre qu’il a écrit avec tant de pugnacité, parfois.

 

Le monde de l’édition obéit à une logique économique, son but est de vendre et non pas de prendre le risque d’éditer un auteur inconnu, même si cela signifie laisser filer celui ou celle qui pourrait devenir bankable. Dans cet univers, on pense en termes de coûts mais il y a une marge d’erreur non négligeable dans les pronostics car, le lecteur est parfois capricieux et ne fait pas toujours ce que l’on attend de lui.

 

D’ailleurs, j’y pense, si les maisons d’édition se jetaient pour de bon dans le bain du numérique, les coûts seraient nettement réduits par rapport à l’édition papier, et elles pourraient largement se permettre d’en prendre, des risques. Mais, je m’égare.

 

Le but de cette enquête, même si le nombre d’auteurs interrogés est insuffisant pour en généraliser les résultats, est de remettre les pendules à l’heure.

130 auteurs, donc, ont répondu à un questionnaire accessible en ligne du 01/08/14 au 10/09/14. Il s’agit d’auteurs actifs depuis au moins un an dans l’autoédition.

 

Pour les auteurs, en quelques années, cette option est devenue une troisième voie avec laquelle il va falloir sérieusement compter.

« Pour trois auto-édités sur 4, ce n’est pas le fait d’avoir été refusés par les éditeurs qui les motive à s’autoéditer. 

Pour 40% environ des personnes interrogées, il s’agit en effet d’une stratégie à long terme, visant à trouver un éditeur »

 

Un autre intérêt de l’autoédition est qu’elle pourrait redonner le pouvoir au lecteur :

« Au-delà des polémiques récurrentes au sujet de ce qu’est un bon livre, et si un livre commercial peut vraiment être considéré comme tel, ne doit-on pas laisser aux lecteurs le pouvoir de choisir les ouvrages qui leur correspondent le plus ? »

« On ne devient pas un auteur parce qu’on publie un livre. On le devient parce qu’un certain nombre de lecteurs l’ont apprécié. »

 

L’un des constats de cette enquête est le suivant : il y a d’un côté et en nombre, des auteurs sérieux qui prennent le temps de travailler et de faire corriger leur texte et de l’autre côté, ceux qui n’en prennent pas la peine mais,

« seulement 10% des auto-édités se moquent de la qualité ortho typographique de leurs publications »

 

Cet ouvrage m’a vivement intéressée. C’est un travail de qualité qui interpellera tout auteur autoédité et toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à l’autoédition.

 

Le livre sur Amazon

 

Mais où est Charlie ? Houps ! Je veux dire : mais qui est Charlie ?

 



 

« Vies courtes, vies données, vies gâchées à courir pour joindre les deux bouts, vies désordonnées, vies contrariées, vies trop sérieuses, sans humour et sans intégrité...

 

Du fin fond de sa Haute-Savoie natale, Charlie Bregman explore la partie secrète de nos âmes, lève le voile de nos masques, révèle la vérité de nos sentiments, de nos rêves enfouis et du monde que nous laissons périr devant l'innocence de nos enfants.

 

Il nous redonne le sourire, il nous donne à prendre conscience de ce que nous sommes et de ce que nous voulons vraiment, il nous invite au voyage et nous incite à vivre nos vies au-delà de ce que l'égo veut en montrer.

 

Ses livres parlent de liberté, d'amour, d'intégrité et de générosité.

 

Ils posent les jalons des vies heureuses et nous contiennent tout entier. »

 

Je vous invite aussi à lire cette petite biographie très émouvante, dans laquelle j’avoue me retrouver un peu, pour ne pas dire beaucoup :

 

petite biographie de Charlie Bregman

 

Pour connaître son actualité :

 

On peut le retrouver sur  Facebook


Sur son site 

 

Quelques interviews de Charlie Bregman :

 

http://thibaultdelavaud.fr/2015/04/11/interview-de-charlie-bregman-qui-sont-les-auteurs-indes/

 

« L’autoédition n’est pas de l’anti-édition. Elle est la garantie d’un souffle nouveau, d’une liberté sans limite pour les auteurs, une diversité inimaginable pour les lecteurs… et un vivier à surveiller de très près lorsqu’on est éditeur ou prescripteur dans le milieu du livre. »

 

http://www.paperblog.fr/6965444/interview-decalee-de-charlie-bregman-chez-marie-fontaine/

 

http://enmodeecriture.canalblog.com/archives/2014/03/31/29540323.html

 

Si vous avez envie de l’entendre parler, mais si, je sais que vous en avez envie !

 

Et un podcast, un !

 

http://www.cecilechabot.com/podcast-charlie-bregman/

 

Et deux podcast, deux !

 

http://www.edition-ebooks.com/9/



23/06/2015
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