Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

"Bad feminist", Roxane Gay, 2014


 

Petit retour sur le livre "Bad feminist" de Roxane Gay

 

La version vidéo de ma chronique se trouve ici :

 


 

Le féminisme, c’est un truc un peu bizarre pour moi.

 

Selon la définition du Larousse, c’est une « doctrine qui préconise l’amélioration et l’extension du rôle et des droits des femmes dans la société ; mouvement qui milite dans ce sens. »

 

Bizarre, parce que finalement, je ne sais pas trop ce que ça veut dire, exactement, être féministe.

 

Je ne sais pas s’il y a une seule définition du féminisme.

 

Je veux croire que souvent les femmes sont féministes sans le savoir, sans mettre ce mot sur leurs actions soit parce qu’elles n’y pensent même pas, soit parce qu’elles mettent derrière ce mot certaines idées bien arrêtées.

 

Quand j’ai vu ce titre : « Bad féminist », j’ai été intriguée, qu’est-ce que ça pouvait bien être, le « bad féminism » et qu’est-ce que ça pouvait bien être une bonne féministe ?

 

Quand j’ai entamé ma lecture, je ne m’attendais pas à ça.

 

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, en fait. La couverture du livre grand format, avec tout ce rose a de quoi intriguer associée à ce titre. Bonne communication ou titre racoleur, je n’ai pas tranché.

 

Je suis tombée dans le panneau avec joie.

 

Je déplore de ne pas être plus déterminée à me forcer à lire en anglais. Je sens que la traduction me fait perdre plein de choses, j’ai trouvé qu’elle était parfois maladroite (et les livres sont moins relus qu’auparavant avant édition, ou c’est moi ?). Il y a pas mal de coquilles qui traînent.

 

L’essai est composé de textes qui ont paru dans différents journaux ou revues et forment un tout qui touche à différents sujets que l’on est censé, j’imagine, pouvoir relier au féminisme. Le lien n’est pas toujours évident.

 

J’avançais tranquillement dans ma lecture quand je suis restée scotchée par le chapitre où Roxane Gay évoque avec pudeur le viol collectif dont elle a été victime alors qu’elle était une jeune adolescente. Je me suis pris une claque comme chaque fois que je lis une histoire de viol.

 

Roxane Gay se définit comme une « bad feminist » parce qu’elle écoute et aime écouter de la musique dont les paroles dégradent les femmes, parce qu’elle aime les hommes et pensent qu’ils ont droit au chapitre, parce qu’elle s’épile les jambes et aime les jambes glabres, parce qu’elle aime le rose…

 

Au final, le terme "bad feminist" a un côté polémique, « taquin », je dirais, mais notez bien les guillemets.

 

Roxane Gay est obèse, pas de lien direct, a priori, avec son féminisme bon ou mauvais, sauf que devenir ce qu’elle est devenue physiquement est lié directement à son viol, elle s’est construit au fil du temps cette carapace de graisse pour se protéger.

 

Même si je n’ai pas adhéré à la structure du livre, j’ai aimé sa liberté de ton, le fait qu’elle ose décortiquer le contenu de livres et de séries à la lumière de deux éléments en particulier, sa féminité et sa couleur de peau, elle s’autorise à en proposer une vision décapante qui donne à réfléchir sur la façon dont on a l’habitude de regarder ce que l’on nous donne à voir sans forcément l’interroger de notre point de vue spécifique.

 

Pour ceux que cela intéresse, je vous mets un lien vers sa conférence Ted, pleine d'humour et de délicatesse.

 

Bonne journée ou bonne soirée et merci de votre visite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



26/02/2019
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