Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

"Au bout du chemin", Cetro, édition indépendante, 2016

Après Black Panther, alias John Renmann, Superman, alias Afsaneh Reza-Miller, Donatello, tortue ninja de son état, alias Fanny Nodet-Gayral, c’est… ah, ah, suspens, il va falloir aller jusqu’au bout de l’interview pour savoir quel est le super héros préféré du Sieur Cetro. Eh, oui, j’ai l’honneur d’accueillir Monsieur Cédric Veto sur mon blog. Il se prête au jeu des questions/réponses bien que ce soit loin d’être son activité préférée. 

 

Bonjour, Cetro, je suis ravie de t’accueillir sur mon blog.

 

Tout d’abord, pourrais-tu te présenter en quelques mots ?

 

Bonjour Sandra. Merci de m'avoir invité à répondre à ces quelques questions. Je suis donc Cédric Veto, né dans les terres reculées du Médoc. Je suis ouvrier de chai, le vin étant dans ma région seul pourvoyeur

approximatif de "travail". Je suis très loin d'être un amoureux de ce métier, qui mériterait d'être épuré de certaines pratiques nuisibles à l'ensemble de la population et à l'environnement. J'écris depuis maintenant deux ans et demi, sous le pseudo Cetro. Je me suis d'emblée dirigé vers l'auto édition, pour tâter le terrain, et par commodité et flemmardise.

 

Au bout du chemin.jpg

 


 Aujourd’hui, avec Au bout du chemin qui rencontre un joli succès sur KDP et qui fait suite au prix que tu as obtenu pour ton roman précédent Eveil, tu sembles entamer un tournant en tant qu’auteur indépendant. Je me trompe ?

 

Avec  Au bout du chemin, j'ai entrepris de manière différente la publication. Alors qu'auparavant je jetais simplement mes textes sur KDP, sans en faire aucune promotion, assurance de n'être jamais vraiment lu, j'ai cette fois-ci pris les choses un peu en amont, en ai parlé à l'avance. 

 

Les contacts établis avec les divers auteurs indépendants m'ont permis de faire un lancement nettement meilleur de ce livre. Je n'en ai pas vendu énormément, mais ces quelques ventes regroupées sur quelques jours, plus les commentaires qui ont suivi m'ont permis d'être repéré (enfin) par Amazon. 

 

Ils m'ont du coup, pour la première fois depuis que je publie chez eux, proposé une mise en avant. 

 

Après avoir vérifié qu'ils m'avaient proposé par erreur une promotion sur Au bout du chemin (interdite durant le concours des plumes francophones), ils ont accepté de faire une promotion du mois sur Eveil, un autre de mes romans, qui n'a absolument rien à voir tant dans le genre abordé que dans le style employé.

 

Cela a été, outre une heureuse surprise, le déclenchement de ce qui allait suivre pour Eveil, qui connaît un joli succès depuis. Cela relance du coup les ventes sur les autres titres.

 

Eveil.jpg

 

 Le plus important à retenir, donc, pour les auteurs, c'est que pour bénéficier d'une mise en avant de la part d'amazon, il faut un certain nombre de ventes et de commentaires sur un court laps de temps. Après, le hasard fera le reste.

 

J’ai également le sentiment que tu es beaucoup plus à l’aise pour promouvoir tes ouvrages…

 

Plus à l'aise pour promouvoir, oui et non. Je n'aime pas ça, clairement. Mais je me suis efforcé de donner un maximum de chances à mes bouquins d'être vus, et donc éventuellement lus.

Disons que j'éprouve moins de scrupules à inonder les réseaux sociaux de publications en rapport avec mes bouquins, mais ce n'est toujours pas le grand amour entre la promo et moi lol.

 

Justement, parlons promotion. Avec l’expérience que tu as acquise, quels conseils donnerais-tu à un nouvel autoédité ?

 

Je n'ai pas de conseils très avisés à donner, je ne suis ni un modèle en la matière, ni très doué. Simplement bien penser que, pour avoir une chance d'être lu, il faut commencer par être vu. Et si l'on n'y met pas du sien, en se forçant à publier chaque jour sur les réseaux sociaux, il y a peu de chance pour que cela arrive. 

 

Publier donc très régulièrement, en mettant de côté modestie et pudeur, qui sont nos ennemis en termes de publicité héhé.

 

Ne pas hésiter à s'adresser aux gens, présenter son ou ses ouvrages de manière aussi originale que possible, pour sortir un peu de la masse quotidienne des publications.

 

Sur le nombre (important) de personnes touchées, un petit nombre de ventes finira par se faire. Potentiellement, elles en attireront d'autres, ce qui, parfois, peut faire boule de neige.

 

Nous avions déjà eu l’occasion de discuter de ta façon de travailler. Tu m’avais dit, il me semble, écrire chaque jour un certain nombre de mots et boucler un livre assez rapidement. Est-ce que depuis, ta façon de travailler a évolué ? J’ai lu deux livres de toi : Orphelins de pairs et Au bout du chemin. Il m’a semblé que le second était beaucoup plus travaillé, moins brut, peaufiné. Travailles-tu différemment ? 

 

Je travaille toujours de la même façon. Relativement vite, pour rester au plus près du fil. Les textes que je livre sont toujours bruts, en premier jet (bien sûr épurés autant que possible des fautes et autres coquilles, tout de même). Pour au Bout du chemin, j'ai simplement un peu plus travaillé le chapitrage (ce que j'ai fait depuis sur Orphelins de pairs , d'ailleurs), pour donner une impression moins compacte du texte.

 

On se suit assez régulièrement sur Facebook, être indépendant, c’est passer par des phases d’espoir et de découragement. On maîtrise certains éléments, d’autres sont plus aléatoires. Tu sembles avoir réussi à réunir autour de toi une vraie communauté sur Facebook. Aurais-tu des conseils à donner sur la façon d’utiliser les réseaux sociaux ?

 

J'ai en effet désormais une petite communauté qui me suit sans déplaisir. Je crois que là dessus, seul le temps a prise. On se découvre des affinités (ou des inimitiés), des points communs avec certaines personnes, qui du coup s'intéressent à ce que vous faites. Le contact avec les auteurs est aussi primordial.

 

On apprend beaucoup à leur contact, et les échanges avec eux sont souvent salvateurs quant à la pérennité de notre activité, car comme tu le dis, le découragement se tient toujours en embuscade.

 

Dans Au bout du chemin dont l’action se situe tantôt dans le futur tantôt dans un passé qui est assez proche, les années 90, tu abordes des sujets d’actualité brûlants : la pollution, l’utilisation des pesticides, les différents scandales liés à l’alimentation, en particulier la façon dont les animaux que nous consommons sont tués… Te définirais-tu comme un auteur engagé ?

 

J'introduis souvent, dans presque tous mes romans, des sujets qui me tiennent à coeur. J'ai l'impression que ça me permet d'être plus "vrai", et cela m'aide dans tous les cas à me plonger dans mes histoires. Auteur engagé, non, je ne crois pas. M'est avis qu'il faut plus que quelques mots pour se déclarer engagé.

 

Il me semble que l’amitié, l’amour fraternel sont des thèmes qui te sont chers, en tout cas ils sont omniprésents dans Au bout du chemin. Pourrais-tu nous en dire quelques mots ?

 

Oui, l'amour, dans sa globalité, est bien sûr important, pour moi comme pour nous tous. J'ai dans l'idée que c'est toujours par lui que passeront les solutions à tous nos problèmes. Même lorsque j'écris des romans très durs, violents, l'amour est toujours présent. Parce que sans ça, on ne va nulle part.

 

Parlons de tes sources d’inspiration. Quel écrivain t’a donné envie d’écrire à ton tour ?

 

Le premier livre dont j'ai un souvenir très clair et émerveillé est "les contes du chat perché". Je crois que mon imagination s'est ouverte à ce moment là à d'autres horizons. J'ai par la suite lu bien des auteurs et genres différents, qui m'ont tous laissé une empreinte. Je prends autant de plaisir à lire Hugo et Zola que Stephen King, Harlan Coben, ou Tolkien.

 

J'essaie de mixer ce que j'ai retenu de toutes ces lectures pour en faire un truc bien à moi. Réussi ou pas, je pose ma patte dessus.

 

Quel est ton livre préféré ?

 

J'ai franchement du mal à répondre à cette question, il y a énormément de bouquins qui m'ont marqué. Mais par exemple, l'un de ceux qui m'a vraiment beaucoup plu est "L'homme qui rit", de Hugo.

 

En tant qu’auteur, te définirais-tu comme une espèce de Dieu tout puissant ou plutôt comme un père ou une mère attentionnée ?

 

Les auteurs se prennent certainement tous au départ pour le grand créateur, pour donner vie à un monde encore virtuel. Mais finalement, on s'aperçoit vite que le livre prend vie par lui-même et que nos personnages évoluent par eux mêmes. Du coup, on devient plus parent, qui regarde évoluer sa progéniture. Parmi les personnages que je crée, certains sont affublés d'horribles tares et travers, ce sont pour beaucoup des gens peu recommandables lol. Malgré ça, j'aime bien mes "salauds", qui me permettent de donner plus de force à mes "gentils".

 

Parmi les personnages que tu as créés, quel est ton préféré ?

 

Le personnage que j'ai créé que je préfère? Difficile de répondre à cela, mais peut-être Sam. Tu vas me faire avoir des ennuis avec les autres, toi, hein...

 

Sam.jpg

 

 

Quel est celui que tu as le plus aimé détester ?

 

 J'aime bien mes méchants, en fait. Ils sont tordus à souhait, dégueulasses et pourris jusqu'à la moelle. Mais quand même, probablement que le plus méprisable est la mère de Sam, cette douce Clémentine.

 

Quelle est la question que tu aimerais que l’on te pose ?

 

J'aimerais bien qu'un jour on me demande si je n'en ai pas marre d'être beau, musclé et riche (comme le Christian de 50 nuances, là)... belle imagination, non?

 

Quelle est la question que tu détesterais que l’on te pose ?

 

J'ai horreur qu'on me pose des questions, tu sais ça?

 

T’es-tu fixé un objectif à atteindre absolument en tant qu’écrivain avant de passer l’arme à gauche?

 

Rien de très précis, mais avoir le plus de lecteurs (satisfaits, tant qu'à faire) possibles, sans échelle de grandeur fixe.

 

Et la question à laquelle personne n’échappe sur ce blog : si tu étais un super héros ou une super héroïne ?

 

Si j'étais un super héros... je ne peux pas être "Megaloman", c'est déjà pris, mais je pourrais être sans problème "Pétoman", l'homme qui tire des boules de feu avec son derche, ou encore "Quadruman", le mec qui écrit à quatre mains... ah ouais, je veux être lui.

 

Merci, Cetro !

 

Je vous invite à découvrir Au bout du chemin. Vous en trouverez de nombreuses critiques enthousiastes sur Amazon, dont la mienne :

 

« Vieillir. Un mot qui nous fait peur. Mourir. Un mot qui nous terrifie, souvent. Attendant la fin de sa vie, l’espérant, presque, Franck dépérit dans ces mouroirs que sont souvent les maisons de retraite. Et puis, grâce à Camille, une jeune femme qui s’est donnée pour objectif de recueillir la précieuse parole des anciens, Franck va renaître à la vie en livrant le récit de son existence à la jeune femme. Ainsi, on plonge, de manière inattendue, dans le merveilleux. Le fantastique est au rendez-vous car il se passe « quelque chose » lorsque Franck se plonge dans ses souvenirs. Je ne vais pas en dire plus. Ce roman de Cetro est très abouti et l’on y retrouve les thèmes qui lui sont chers : la famille, l’amitié, la fraternité, la transmission de valeurs d’une génération à l’autre, la perte, son amour de la nature et sa haine de ceux qui s’appliquent à la détruire… Bref, une lecture que je recommande vivement ! »

 

Quelques morceaux choisis :

 

« Non, mon spaghetti est cuit et ça fait longtemps qu’il n’est plus al dente. » MDR !

 

« On peut pas changer le monde, là, tout de suite. Mais on fera de notre mieux pour l’améliorer, ok ? »

 

« Le vide qui chaque jour nous aspirait vers la morosité et la mort est désormais comblé. Nous sommes vivants. »

 

« Mon père essuya mon visage de cette averse de chagrin, giboulée de peine appelée à se renouveler fréquemment. J’en fis de même, profitant de la rugosité de sa barbe naissante, du contact de sa peau, de la

chaleur de ses larmes, comme on lit et relit un texte aimé pour s’imprégner de chaque mot et s’en souvenir par cœur, sans l’avoir sous les yeux. »

 

« En compagnie de nos semblables, nous jouons toujours un rôle, posons des barrières à nos idées et comportements, qui tels quels, bruts, ne seraient pas acceptés ou dérangeraient. »

 

 

 

 

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10/08/2016
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