Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Accepter d’avoir l’air nul

 

Hier, j’ai pris mon troisième cours de badminton et, à la fin de la séance, je n’avais pas de mots pour me dire à moi-même à quel point je me sentais nulle.

 

Je ne parviens pas à donner suffisamment de force à mes services, je me suis pris au moins quatre volants dans le visage, j’ai perdu un à un chacun des matches joués en fin de séance.

 

Et pourtant.

 

Qu’est-ce que j’ai appris ?

 

Tout d’abord, je me suis félicitée de m’être inscrite au badminton, en septembre, comme je l’avais décidé, cet été.

 

Je me suis félicitée d’avoir fait l’échauffement intense sans faillir.

 

Je me suis félicitée d’être allée au-delà du malaise que je ressentais avant de venir à la séance, je me sentais mal physiquement, des symptômes prémenstruels, un début de nausée, une sensation de froid intense mais j’étais là, dans le gymnase, quelques longues minutes, assise sur le banc, glacée, immobile, espérant que le cours serait annulé, interpellée par une remarque du prof me disant que j’étais statufiée ou quelque chose d’approchant. Il ne savait pas combien il m’avait coûté d’être là.

 

J’ai accepté de me sentir inefficace, mauvaise durant les exercices, accepter mon mauvais positionnement, mon mauvais lancer, mes faiblesses techniques.

 

Et me rappeler que ce n’est que mon troisième cours, que je n’ai jamais joué à un sport de raquette de ma vie, que je vais forcément m’améliorer, que j’ai abandonné tant d’activités parce que, dès le départ, je n’étais pas au niveau auquel j’étais censée être selon moi, il fallait que je sois douée.

 

Ainsi, j’ai abandonné la modern jazz (incapable de retenir une chorégraphie), le karaté (incapable de reproduire un kata), la danse africaine (incapable de bouger comme il faut en plus de retenir cette saleté de chorégraphie), la capoeira (pourquoi déjà ? Ah oui, je me sens ridicule), la guitare pour cause de bébé en vue, la salsa, pour cause de chorégraphie qui devient trop compliquée, peut-être… il y a eu d’autres abandons, ah, oui, la conduite d’une voiture, un grand renoncement... 

 

La cause profonde : le manque de confiance en moi, la peur d’échouer, la peur d’avoir l’air ridicule, la peur d’avoir l’air nul.

 

Mais qu’est-ce que ça signifie de vouloir être parfait dès le départ, de ne pas se donner l’autorisation d’être mauvais et tout le temps qu’il faut pour être mauvais.

 

Je continuerai le badminton. Je me le suis promis. Une année au moins et j’affronterai ma peur du ridicule, la honte, la sensation récurrente de ne pas être à ma place, ma lenteur, ma difficulté à me placer et tout le reste mais je n’abandonnerai pas. Je vais affronter ma peur et lui botter les fesses.

 

 

Mes livres



12/10/2017
0 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 41 autres membres