Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

24 heures de jeûne

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02/02/2019

 

« Si j’arrive à jeûner, je peux tout faire. » dit une jeune femme dans le livre de Thierry de Lestrade, « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? »

 


 

24 heures de jeûne.

 

Ma petite expérience.

 

Cela fait à peu près deux ans que je pratique le jeûne intermittent. Cela se traduit par le fait que je ne prends pas de petit déjeuner. J’attends qu’il soit midi pour manger. Une fois par semaine, parfois plus, selon mon envie, selon ma sensation de lourdeur liée à la prise alimentaire de la veille. Mais je bois, de l’eau, du thé, des tisanes.

 

Pourquoi je fais un truc pareil, me priver de nourriture ?

 

J’ai vu un documentaire : « Le jeûne, une nouvelle thérapie ? »de Thierry de Lestrade diffusé sur Arte.

 

https://www.arte.tv/fr/videos/043980-000-A/le-jeune-une-nouvelle-therapie/

 

Ce documentaire, je peux le dire, m’a laissée sur le cul. J’aurais aimé le faire voir à tout le monde, obliger les gens à rester devant la télé et à regarder pour s’informer eux aussi sur le jeûne, chasser leurs idées reçues, en comprendre l’intérêt pour notre santé au quotidien.

 

Le jeûne est une pratique millénaire que l’on retrouve dans la plupart des religions. Il sert à se purifier, à renforcer le mental face à la tentation. Ainsi, Jésus a jeûné quarante jours dans le désert, Bouddha a jeûné également.

 

 « En 370 avant JC, le médecin grec Hippocrate affirmait qu’il fallait « soigner ses petits maux par le jeûne plutôt que de recourir aux médicaments ». »

 

https://www.thierrysouccar.com/blog/le-pouvoir-du-jeune-son-histoire

 

Le jeûne était préconisé par Hippocrate comme traitement.

 

Quand on est malade, on a tendance à refuser la nourriture. Si on a des enfants, on observe très bien ce phénomène de refus spontané de la nourriture durant une période de maladie.

 

Dans ce film, Thierry de Lestrade présente des études réalisées sur le jeûne durant des décennies en Russie. Un médecin a fait jeûner des malades mentaux et obtenu des résultats spectaculaires de guérison sur des dizaines de maladies mentales graves.

 

Le jeûne est encore utilisé en Russie https://jeunetherapeutiquecontroverse.wordpress.com/le-jeune-therapeutique-en-russie/ pour ses vertus thérapeutiques, de manière officielle, ainsi qu’en Allemagne https://jeunetherapeutiquecontroverse.wordpress.com/le-jeune-therapeutique-en-allemagne/.

 

Le problème avec le jeûne, c’est que c’est une technique que l’on peut mettre en œuvre de son propre chef, qui ne coûte rien et surtout, qui ne rapporte rien aux grands groupes pharmaceutiques.

 

Du coup, malgré les nombreuses expérimentations qui ont eu lieu, souvent à petite échelle mais avec des résultats de guérison étonnants, cela reste une pratique marginale, considérée comme dangereuse par le corps médical.

 

Marginale ? De moins en moins. Il suffit de voir le nombre d’articles et de vidéos qui lui sont consacrés sur le net.

 

Les effets du jeûne ont été reconnus sur la souris. Des études ont démontré que diminuer sa consommation de nourriture augmente l’espérance de vie en bonne santé.

 

La vue du film m’a donné envie de lire le livre. Et ce qui a le plus retenu mon attention dans ce livre, c’est l’histoire de la médecine décrite par l’auteur.

 

C’est vrai qu’on a une vision de la médecine et des médecins auréolés de savoir et de prestige.

 

On a tendance à oublier les errances, les tâtonnements qui font partie de l’histoire de la médecine. À une époque, les médecins ne voyaient pas l’intérêt de se laver les mains, par exemple, puisque l’on ignorait l’existence des microbes et la trépanation semblait une technique de soin acceptable.

 

Ce que raconte Thierry de Lestrade, c’est que la médecine telle que nous la connaissons actuellement est née d’une guerre, une guerre contre ce que l’on peut appeler la médecine traditionnelle, celle du pauvre, souvent pratiquée par des femmes, souvent contre une très faible rémunération, voire pas de rémunération du tout, une médecine empirique qui utilisait les bienfaits des plantes et qui a été, peu à peu, déclassée de manière violente par la médecine scientifique.

 

Il fait également le lien entre la création de cette médecine et ses liens de plus en plus étroits avec l’industrie pharmaceutique. Et ça fait un peu froid dans le dos. Ça donne envie de se retourner du côté traditionnel, en tout cas, moi, ça m’en a donné envie, de ne plus courir chez le médecin systématiquement au moindre signe de maladie mais de me tourner vers les infusions, les huiles essentielles, vers le laisser mon corps mettre en branle son système de soin interne.

 

Finalement, la société moderne nous incite à consommer du médical sans discernement. Si on travaille et que l’on est malade, même si l’on sait qu’un bon rhume ou une grippe (quand on est un adulte sans problèmes de santé particuliers) finissent par passer tout seul au bout de quelques jours, on doit aller chez le médecin pour pouvoir justifier de notre maladie auprès de notre employeur.

 

Profitant d’une longue période de disponibilité, je me suis aperçue que, spontanément, je laissais plus faire mon corps, je n’avais pas obligation de courir chez le médecin pour justifier d’une maladie bénigne ou chronique sans gravité, je pouvais prendre le temps de la gérer, de l’accepter, de la soigner en douceur.

 

Pour en revenir à mon expérience du jeûne de 24 heures. C’est la seconde fois de ma vie que je me risque à cela.

 

Je trouve difficile de jeûner. C’est une épreuve de force. Ce n’est pas normal de jeûner. Et pourtant, nous sommes faits, de par notre évolution, pour le jeûne. Nos ancêtres préhistoriques ne mangeaient pas tous les jours car, tout simplement, ils ne trouvaient pas tous les jours de la nourriture et ne savaient pas la conserver. Notre corps est fait pour gérer la pénurie de nourriture. Si l’on ne peut survivre que quelques jours sans boisson (ce que certains jeûneurs aguerris contestent), on peut tenir, en fonction de notre masse grasse, plusieurs dizaines de jours sans manger.

 

L’expérience du jeûne est très particulière.

 

Je l’ai démarrée ce samedi matin par une décision ferme. Pas de compromis. Je boirai mais je ne mangerai pas. Point barre. Je suis allée marcher durant une heure vers 11 heures en ressentant un peu de fatigue. Avant cela, je me suis livrée aux joies du ménage durant deux heures. En rentrant de ma marche, j’ai trouvé ma famille à table mais la bonne odeur des pommes de terre rissolées n’a pas réussi à entamer ma volonté.

 

L’après-midi a été dure. Je ressentais une étrange fatigue, la faim est là, dans mon estomac qui a envie d’être rempli, dans mon esprit qui me bombarde d’images de nourriture mais je résiste bien. Je lis, regarde la télé, des vidéos sur le jeûne, j’écris sur mon ordinateur, gère mon entourage familial comme je peux. Je me recentre. J’écoute mon corps, sa fatigue, je me pose, m’assieds, m’allonge, dors avec la sensation d’être entre deux. J’ai froid. J’ai chaud, je sens que ça chauffe à l’intérieur. Mon cœur bat plus vite. Mon haleine me paraît chargée même si ma langue n’est pas blanche.

 

Le soir, je m’endors assez facilement alors que je craignais l’insomnie. Je me réveille vers 3 h 30 et je décide d’écrire pour partager ma petite expérience. Je me sens à la fois très vigilante et apathique. Mon estomac est un peu douloureux. J’ai faim ou j’éprouve une sensation qui y ressemble. Une partie de moi attend avec impatience la rupture du jeûne à 8 heures.

 

Pourquoi je jeûne ?

 

Parce que je trouve que je mange trop. Le gras qui entoure mon ventre me le dit même si je suis loin d’être en surpoids.

 

Parce que j’ai des petits soucis de santé, sans gravité mais chroniques.

 

Le jeûne a une action préventive et je trouve que la médecine du soin à laquelle nous sommes soumis néglige la prévention.

 

Quel médecin étudie l’alimentation de son patient ? (« Que ton alimentation soit ta première médecine. » disait Hippocrate, me semble-t-il), ses habitudes en matière d’activité physique, non, chez le médecin, c’est cinq minutes, quinze minutes maximum et, voyons ce que vous avez, voyons ce que je peux vous prescrire pour vous soigner même si le médicament que je vous prescris (pour une maladie qui pourrait peut-être guérir seule si on laissait votre corps faire son boulot) a une liste d’effets secondaires potentiels longue comme le bras.

 

Je jeûne pour reprendre le contrôle, pour voir ce que moi, en tant qu’esprit, je peux faire pour mon corps, pour qu’il aille bien, et ce que mon corps peut faire.

 

Dans mon entourage, j’ai vu pas mal de gens, soignées pour des maladies graves, partir dans la douleur.

 

Parfois, je me dis : et s’ils avaient choisi de se soigner autrement ? Et si on leur avait proposé le jeûne en alternative, en parallèle, ou d’autres types de médecines qui ont été rejetées par la médecine telle que nous la connaissons pour des raisons de cynisme économique comme nous l’explique Thierry de Lestrade dans son livre.

 

Je trouve que jeûner, c’est reprendre le pouvoir sur la façon dont notre corps va réagir à la maladie. Quand on jeûne, notre corps est totalement disponible pour faire un travail de nettoyage, la digestion n’est pas là pour bouffer une bonne part de notre énergie.

 

Jeûner de manière intermittente est une bonne chose, l’une des causes de la longévité des habitants d’Okinawa est leur ration alimentaire, ils mangent peu et consomment des aliments correspondant à ce que l’on appelle un régime crétois ou méditerranéen.

 

Les médecins qui parlent du jeûne avec dédain, disent que c’est dangereux, ne s’y sont pas intéressés.

 

Des études récentes menées par un chercheur américain du nom de Valter Longo montrent que jeûner avant et après une chimiothérapie permet de mieux la supporter et d’en diminuer les effets secondaires.

 

Le jeûne augmente la longévité en bonne santé, diminue les risque de démence, agit sur un nombre impressionnant de maladies.

 

Mon jeûne de 24 heures se termine doucement. Il fut long et éprouvant, fatigant, il m’a obligé à ralentir, à me centrer sur moi et c’est très bien comme ça.

 

Ce second jeûne que j’ai fait en buvant des infusions a été très éprouvant et fatigant.

 

03/03/2019

 

Du coup pour ma troisième expérience, un mois plus tard, j’ai tenté un jeûne sec. Et, à ma grande surprise, il a été beaucoup plus facile à gérer. J’ai pris un verre d’eau au réveil et puis plus rien durant 24 heures. Je n’ai pas eu de crampes d’estomac ni de douleurs au niveau des intestins. Je me suis sentie moins fatiguée, je n’ai fait qu’une petite sieste. Je me suis sentie fatiguée mais en même temps pleine d’énergie. J’ai fait le ménage, j’ai cuisiné aussi sans que les odeurs me donnent faim ou m’importunent. J’ai eu, à un moment, la sensation d’avoir les yeux secs. C’est passé. J’ai été étonnée de la quantité de salive que je produisais. J’avais les lèvres sèches. Je n’ai pas eu de palpitations comme la première fois ni de petits vertiges en me levant. Je n’ai pas eu souvent chaud. Je n’ai pas non plus eu très froid. L’effet le plus intéressant est la peau, j’ai comme la sensation qu’elle se régénère. Je me suis couchée tôt pour me réveiller vers 3 heures du matin.

 

Je ne vais pas m’arrêter en si bon chemin, j’ai prévu de jeûner au moins une journée par mois, cette année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 



03/03/2019
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