Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

2 ou 3 choses qu'un auteur indépendant peut faire pour vendre ses livres

 

« Le réflexe qui consiste à garder pour vous ce que vous avez appris n’est pas seulement indigne, il est aussi dangereux. Tout ce que vous ne partagez pas avec générosité est perdu. Vous ouvrez votre coffre et il ne reste que des cendres. »

Annie Dillard

 

 

En complément de cet article, je vous invite à jeter un oeil à la play list que j'ai créée sur ma chaîne YouTube, consacrée au marketing de l'auteur indépendant : playlist

 

Voici la vidéo la plus récente à ce jour consacrée à ce que j'appelle "la guerilla marketing" de l'auteur indépendant

 


 

 

Avec 2164 livres vendus en autoédition depuis 2011, je ne suis pas sûre d’être la personne la mieux placée pour vous parler de marketing mais si cet article peut aider un ou deux indépendants à entreprendre des actions qui les aideront à se faire connaître et à vendre leurs livres, cela vaut la peine que je prenne le temps de l’écrire. Cela me permet aussi de faire le point sur toutes les actions que j’ai pu entreprendre jusqu’ici.

 

Ce que vous pouvez faire et qui a des chances d’être utile à court ou long terme, en vrac :

 

1. Sortir au moins un nouveau livre chaque année. Le moment où l’on vend le plus de livres, c’est au moment des sorties pour peu, bien sûr, que l’on ait fait suffisamment de promotion auprès de nos proches dans la vraie vie et via nos différents réseaux sociaux. Au pire, on n’a que quelques ventes, au mieux, on a suffisamment de ventes pour que notre livre soit propulsé en tête d’un top 100 (dans une catégorie particulière) ou encore mieux en tête du top 100 général. Ce qui est vu est lu. Ce qui est lu est vu. Et c’est le démarrage du fameux effet boule de neige dont rêve tout auteur indépendant, qu’il se l’avoue ou non.

 

Les auteurs indépendants qui réussissent sortent souvent plus d’un livre par an. Je pense, par exemple, à Cédric Charles Antoine, qui a une vitesse de croisière très impressionnante et qui a auto publié 15 livres en 4 ans.

 

De même que certains auteurs édités. Je pense, par exemple, à Nora Roberts, auteure américaine extrêmement prolifique puisqu’elle publie une dizaine de livres par an.

 

2. Faire des séances de dédicaces. C’est le crédo d’une auteure indépendante dont je vous invite à découvrir le blog, Anaïs WYbeul. Anaïs est en dédicace tous les weekends et même pendant les vacances.

 

D’après ma petite expérience des dédicaces, la partie la plus ardue pour un indépendant est de trouver une librairie qui accepte de le recevoir même s’il n’a pas une maison d’édition derrière lui. Certains libraires sont carrément réfractaires aux indépendants. Bizarre quand on regarde leur étalage : « Fifty shades of grey » et « Les gens heureux lisent et boivent du café » sont en première ligne. Mais, ils ignorent peut-être que ces grands succès ont d’abord été autoédités.

 

On peut faire des dédicaces dans les librairies, dans les rayons librairie des grandes surfaces (parfois plus accessibles pour les indépendants), dans les brocantes, sur les marchés du type marchés de Noël, dans les salons littéraires, sur les marchés de l’autoédition, une initiative que je vous invite à découvrir ici, si l’on est courageux, on peut même organiser son propre évènement.

 

En dédicace, on ne vendra pas forcément des livres mais, à partir du moment où le lieu est fréquenté, on a de grandes chances d’en vendre quelques-uns pour peu que l’on soit avenant (laissez votre téléphone dans votre sac, regardez les gens, souriez et dites « Bonjour ! », oui, je sais, ça paraît tout con mais…), que l’on se considère comme un vendeur de livres, que l’on aille vers les gens ou qu’on leur donne envie de venir vers nous, que l’on ait ameuté ses troupes, oui, en général, quand on voit qu’un lieu est plein de monde, on a envie d’entrer pour voir ce qui se passe ou de s’approcher d’une personne très entourée surtout si son nom passe en boucle au micro (si l’on dédicace dans une grande surface, il faut se préparer à entendre son nom répété une bonne dizaine de fois, expérience assez étrange la première fois); il faut aussi se préparer à vivre quelques moments de solitude et à se prendre quelques vents. Mais ça fait partie du jeu.

 

3. Faire des échanges de livres avec d’autres auteurs. Je lis ton livre. Tu lis mon livre. Tu commentes mon livre s’il t’a plu. Je commente ton livre s’il m’a plu. Une façon d’enregistrer une vente et d’obtenir un commentaire.

 

4. Avoir de la chance. Un facteur aléatoire. Oui, mais pas si aléatoire que ça. Je vous renvoie à un livre génial qui s’appelle « Comment mettre la chance de votre côté »


dans lequel le psychologue Richard Wiseman décortique les ressorts de la chance, les gens chanceux le sont pour des raisons bien plus rationnelles qu’on ne l’imagine : ils agissent, ils ne sont pas défaitistes, ils essaient encore et toujours et ils ont souvent un sacré réseau qu’ils savent faire fonctionner. La chance, c’est, par exemple, gagner au Loto. Sauf que pour gagner au Loto, il faut la tenter, sa chance et jouer, selon le slogan « 100% des gagnants ont tenté leur chance ». En autoédition, c’est un peu la même chose. Il faut écrire son livre, ensuite le mettre sur une plateforme, puis ameuter ses troupes, agir, donc.

 

5. Créer son réseau. C’est, de loin, le facteur le plus important. Il faut absolument créer son réseau de fans que ce soit de façon directe ou indirecte. C'est-à-dire de manière intentionnelle ou non. Quand vous prenez le temps de lire un auteur qui vous a lu et a pris le temps de vous faire un retour sur cette lecture, vous êtes en train de bâtir votre réseau. Quand vous développez des relations virtuelles en partageant ce que vous êtes prêt à partager sur les réseaux sociaux, vous êtes en train de bâtir votre réseau. Quand vous écrivez des articles, faites des vidéos, partagez votre expérience, vous êtes en train de bâtir votre réseau. Créer un réseau virtuel et/ou réel consiste tout simplement à mettre en avant ce qui fait que des gens qui vous ressemblent se rapprocheront de vous. Vous croyez que les gens achètent votre livre parce qu’ils le trouvent bon, parce que vous l’avez fait corriger, parce que vous en avez soigné la couverture ? Et s’ils l’achetaient parce que vous partagez des choses sympas sur les réseaux, parce que votre photo de profil a été faite par un professionnel ou les a émus, parce que vous avez toujours le mot pour rire, parce que vous êtes un chroniqueur hors pair, parce que vous êtes sympathique ou que vous avez de beaux yeux ?

 

6. Avoir beaucoup de ventes dès le départ et sur une période suffisamment longue pour que votre titre grimpe dans un top 100 et y reste pendant assez longtemps pour lancer vos ventes.

 

7. Obtenir rapidement des commentaires. Cela nécessite une préparation en amont. L’astuce consiste à demander à vos bêtas lecteurs et aux blogueurs auxquels vous aurez proposé vos livres en avant-première de poster leur avis dès la sortie. Vous pouvez contacter des blogueurs via le service de presse Simplement.pro et taper : "les blogueurs qui lisent des indés" dans votre moteur de recherche vous. Armez-vous de courage et de patience pour les contacter. ;)

 

8. Animer un groupe sur Facebook de manière active. Lire les autres auteurs, les commenter, les soutenir. Donner aux autres ce que l’on espère d’eux de manière consciente ou inconsciente. C’est un gros investissement d’énergie et de temps mais cela permet de se créer un réseau fort fonctionnant sur le mode gagnant/gagnant.

 

9. Tenir un blog. Deux auteurs qui s’en sortent bien et qui ont longtemps tenu un blog avec assiduité sont Jean-Philippe Touzeau et le très discret Aloysius Chabossot dont, si je ne m’abuse, à l’heure où j’écris ces lignes, tous les livres sont classés dans le top 50 humour d’Amazon. Ces deux auteurs ont longtemps publié des articles de qualité, du vrai contenu sur leur blog (développement personnel pour le premier, réflexions pleines d’autodérision et de vérité sur le métier d’écrivain pour le second).

 

10. Écrire tous les jours ou presque de longs articles sur Facebook. De longs articles avec sa patte, son ton, son humour pour partager son univers avec les gens qui nous apprécient. C’est ce qu’a fait Cetro dont les livres se retrouvent régulièrement depuis quelques années en tête du top 100 d’Amazon. Il a réussi peu à peu à réunir un groupe de fans fidèles autour de lui.

 

11. Se créer un univers volontairement dérangeant et le partager. C’est ce que fait la gentille psychopathe Gina Dimitri qui présente régulièrement à ceux qui la suivent son univers déjanté via des photos mettant en scène des poupées Barbie, photos sur lesquelles Ken se trouve… comment dire… en position de faiblesse.

 

12. Être une personne ressource. Cela peut consister à tenir un blog regorgeant d’articles utiles pour les auteurs indépendants ou à créer un magazine consacré aux indépendants. C’est ce qu’a fait Chris Simon qui a tenu Le mag des indés pendant 4 ans.

 

13. Se rapprocher des gens qui rencontrent un certain succès en autoédition. Bon, a priori, ça fait un peu lèche cul mais c’est vrai que, logiquement, quitte à demander des conseils sur la réussite en autoédition, autant se rencarder auprès de ceux qui tirent leur épingle du jeu.

 

14. Se faire coacher pour gagner en confiance en soi et entreprendre certaines démarches qui peuvent paraître compliquées. Se faire coacher, c’est investir sur soi-même, miser sur soi-même.

 

15. Créer une chaîne YouTube. La vidéo est un support de plus en plus populaire qui rebute pas mal de monde puisqu’il implique de s’exposer mais pourquoi ne pas tenter de communiquer avec ce support ? Cela peut être très amusant et il est toujours intéressant de sortir de sa zone de confort. C’est une grande timide qui vous le dit (lol).

 

16. Suivre une formation à l’écriture. C’est ce qu’a fait Aurélie Valognes en suivant une formation mise en ligne par Bernard Werber.

 


 

Passons maintenant à ce qui, selon mon expérience, ne marche pas :

 

1. Faire sa promotion sur les groupes Facebook dédiés. Tous les gens présents sur ces groupes sont des auteurs. Faire de la promotion sur ces groupes peut être utile au moment de la sortie d’un livre, durant quelques jours, mais en dehors de cette période, il me semble que c’est une perte de temps. On se donne bonne conscience, on fait quelque chose… qui ne sert pas à grand-chose.

 

2. Attendre d’être découvert. Il faut aller chercher ses lecteurs. Il est rare qu’ils viennent à vous seuls, surtout en autoédition. Personne ne fera votre promotion à votre place.

 

3. Avoir peur de tenter de nouvelles expériences. Vous avez l’opportunité de faire une séance de dédicace dans la librairie de votre quartier ? Quelqu’un vous propose de participer à un marché de Noël ? Allez-y, tentez votre chance.

 

4. Ne pas respecter son lecteur. Quand on s’autoédite, malgré ce que soutiennent certains, on a droit à l’imperfection et les lecteurs vous pardonneront des choses que vous aurez du mal à vous pardonner, un couverture mal faite, une mauvaise mise en page, une numérotation ne respectant pas les règles habituellement en vigueur pour l’impression d’un livre, des coquilles, des fautes d’orthographe, des fautes de grammaire mais, ils ne vous pardonneront pas votre manque de sincérité, de chercher à les arnaquer.

 

5. Manquer de confiance en soi de façon excessive. Douter, c’est important, ça permet de ne pas faire n’importe quoi mais trop douter, se remettre constamment en question empêche d’avancer.

 

6. Ne jamais faire de promotion.

 

7. Écrire un seul livre.

 

8. Donner son livre tout azimut,  sans avoir mis au point une stratégie en amont. Donner son livre à des bêtas lecteurs et à des bloggueurs, ça a du sens car on va avoir quelque chose de concret en retour, des avis, des commentaires, on gagne en visibilité. Donner le premier épisode d’une série, ça a du sens, si ce premier opus plaît, peut-être le lecteur achètera-t-il le second et les suivants. Mais donner son livre en se disant que cela va nous permettre de le vendre, d’après mon expérience, c’est un mauvais calcul. Beaucoup de gens sont adeptes de la gratuité et prennent ce qui est gratuit juste parce que c’est gratuit. Et on n’obtient rien en retour.

 

J’espère que ce retour d’expérience vous aura intéressé.e.

 

Bonne promotion !

 

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Clin d'œil

 

Sandra Ganneval, écrivain indépendant

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16/07/2018
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