Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Réécrire sans douleur

Voici une tentative de traduction d’un article de Joe KONRATH, à retrouver en version originale dans The Newbie's Guide to Publishing (Everything a Writer Needs to Know), pavé génial et lecture inspirante pour les indépendants de tous pays. Une traduction en français par quelqu’un dont c’est le métier serait la bienvenue ! Avis aux amateurs !

 


 

 

 

Mais, me direz-vous, qui est Joe KONRATH ? Et là, hop, hop, sans complexes, je fais un copié collé wikipédien : « J. A. Konrath, né en 1970 à Skokie, Illinois, est un auteur américain de romans policiers et, sous le pseudonyme de Jack Kilborn, de quelques romans fantastiques d’horreur. Il a également signé quelques textes de science-fiction sous le pseudonyme de Joe Kimball. » Mais, ce n’est pas le plus intéressant, quand je vous aurai dit que ce Monsieur est un grand défenseur de l’autoédition et de l’autopromotion, qu’il est persuadé que les auteurs ont un rôle capital à jouer dans le marketing de leurs livres, que lui-même a atteint, voire dépassé le million de ventes et qu’il tient un blog passionnant comportant un nombre impressionnant d’articles consacrés à l’édition indépendante, vous comprendrez pourquoi je me mords les doigts d’avoir un niveau en anglais aussi désastreux.

 

Mais bon, il y a un proverbe qui dit « Ne laissez pas ce que vous n’avez pas vous empêcher d’utiliser ce que vous avez. » Donc, j’ai envie de partager ce que j’ai compris avec vous et je le fais !

 

Dans cet article, Joe Konrath nous parle de la meilleure façon de massacrer nos chéries (comme les appelle Stephen King dans "Ecriture, mémoires d'un métier"), en d'autres termes, il nous explique comment retravailler nos textes sans pitié. Attention, ça va saigner !

 

 

 

"J’ai tué. De mes mains, j’ai taillé, tranché et coupé. J’ai même, à l’occasion, mis ensemble des restes mutilés, assemblant les morceaux comme un Frankenstein. Et je suis doué pour cela.

 

 

Ce n’est pas facile de commencer à couper – plein de crainte et d’agitation, l’instrument aiguisé en main. Comment ai-je osé tuer mes enfants ? Mes petits héritiers, nés de mon sang et de ma sueur ... le fruit de mes entrailles.

 

 

J’ai commencé par les adjectifs. Les adverbes ont bientôt suivi. Puis, les clones de « dit » – répliqua, se demanda, questionna, déclara, cria, se lamenta – tués et enterrés.

 

 

Mais quid des descriptions magnifiquement détaillées ? Quid de la prose décrivant une rose si parfumée que le lecteur peut la sentir ? Pas essentielles à l’intrigue. Tuez-les.

 

 

Les scènes d’exposition ne sont pas mortes facilement. Elles se sont battues comme des ours blessés. Je n’ai pu leur ôter totalement la vie donc, j'ai intelligemment dissimulé les procédés narratifs dans des dialogues et des phrases brèves.

 

 

Les comparaisons et les métaphores étaient comme deux monstres géants, plus difficiles à tuer qu'une armée de rats, interminables tels des cours ennuyeux, répétés plus souvent que des blagues sur Monica Lewinsky – vous voyez ce que je veux dire quand je dis difficiles à tuer ?

 

 

La structure des personnages posait un problème. Pourquoi posait-elle problème ? Parce qu’il y a plusieurs années, quand j’étais plus jeune, je connaissais un – COUPEZ !

 

 

On devrait caractériser un personnage en quelques phrases, au plus. Si cela traîne pendant des pages, il ne s’agit plus de cela, bon sang !

 

 

Encore plus difficile : couper l’histoire. Repérer un adverbe errant et l’assassiner étaient des tâches pénibles mais faciles. Mais réellement couper le dialogue et l’action…

 

 

Visualisez un coureur. Du genre qui gagne des marathons. Aucune trace de gras sur ce gars. Aucune maladie cardiaque ne menace de le tuer avant qu’il finisse la course, il ne traîne aucun bagage superflu. Il est mince et rapide. C’est ça, l’histoire. Une course du début à la fin. Prenez seulement ce qu’il faut pour gagner.

 

 

Cette scène hilarante où le gars a les fesses coincées dans un fauteuil est-elle utile ? En avez-vous besoin ? Non, pour finir. Cette habile plaisanterie est-elle nécessaire ? Cela ne rend pas l'histoire plus rapide. La fiction n’existe pas sur le papier. Elle existe dans la tête du lecteur. Utilisez juste assez de mots pour faire travailler son cerveau. Ne laissez pas l’ego vous souffler autre chose.

 

 

Le plus difficile dans la fonction de parent est la discipline, et il n’y a pas de discipline plus dure que le meurtre. Mais je vous recommande vivement de tuer vos enfants. Pas tous – certains doivent mourir afin que d’autres vivent. Ceux qui survivront remporteront des trophées.

 

 

Merd… Je devrais probablement couper cette comparaison."

 

 

 

 

Si cet article vous a plu, vous êtes libre de le partager

 

 

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08/11/2016
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