Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

"Insoumission", Gina Dimitri, édition indépendante, 2016

 

Ça a été long et difficile, eh oui, les réponses de la fille au chignon psychédélique, il faut les mériter !  Mais la patience est l’une de mes vertus. Alors, c’est avec un grand plaisir que vous propose de découvrir l’interview déjantée de Gina Dimitri, une auteure indépendante qui déchire ! Attention, boule d’énergie en vue !

 

Bonjour, Gina, je te remercie d’avoir accepté cette interview.

 

Alors, je sais que tu aimes l’originalité mais on va commencer classique, eh, ouais, c’est moi, l’intervieweuse, quand même, c’est moi qui décide (lol). Bon, pourrais-tu te présenter ?

 

Me présenter ? Je sais jamais bien quoi dire pour me présenter. Si je dis "Bonjour, je m'appelle Gina Dimitri", ca met tout de suite une ambiance de réunion des alcooliques anonymes. Alors on va faire autrement. Je m'appelle Eulalie Luceane, comme l'héroïne de mon premier roman « Les cendres des roses mortes ». Mais je suis aussi Michelangela, comme l'héroïne de mon autre roman, « Insoumission ». Et Pasithea, surnommée Zizi, comme le personnage principal de mon tout premier thriller. Et la on sort du côté alcooliques anonymes pour entrer dans l'ambiance schyso non anonyme : le genre de soirée qui me botte.

 


 

Pour ceux qui te suivent depuis que tu as pointé le bout de ta plume incisive, tu nous as habitué à des portraits chinois pour tes chroniques de livres (Gina fait partie du groupe les crocsniqueuses, que vous pouvez retrouver sur Facebook), donc, tu n’y échapperas pas, une partie de l’interview se fera sous forme de portrait chinois.

 

 

Si tu étais une coiffure autre qu’un joli chignon ?

 

Une coiffure autre qu'un chignon? La coupe de Trump. Le truc improbable tant au niveau de la texture et de la couleur. Le truc qui veut rien dire mais qu'en même temps tu reconnais au premier regard. La coupe de Trump, c'est le truc qui te fait t'interroger, te poser toutes sortes de questions. Pourquoi? Pourquoi cette coiffure toute pourrie ? Comment? A quel moment la nature s'est lancé le défi de créer "ca"? Ouais, si j'étais pas un chignon, je serais la coupe de Trump. C'est clair.

 

 

(Note de l'intervieweuse : aussi étrange que cela puisse paraître, lorsque l'on tape "la coiffure de Donald Trump" dans Google, on obtient... 385 000 résultats et une bonne tranche de rigolade ! Faites le test !)

 

La couverture de ton dernier roman « Une ex » est top. Peux-tu nous dire comment tu en es arrivée à ce résultat ?

 

 

 

Mes couv ? Ahah! Je le dis sans complexe, je les fais moi même. De mes petits doigts boudines. Avec Paint ! Paint power !

 

(Note de l’intervieweuse : Ouahou !)

 

Justement, parlons couvertures et évolution de tes couvertures au fil des titres, comment trouves-tu tes idées ?

 

Idees de couv. Oui, j'ai un ami qui a fait les beaux arts et qui m'aide à imaginer des concepts furieusement post modernes... Nan, je rigole. Un graphiste? Mdr. Si Google est mon ami, est ce que Paint compte comme un graphiste? Ce qui est sûr c'est que c'est tout du fait maison de derrière les fagots. Mais la chance que j'ai, c'est que j'ai de vrais amis, qui n'hésitent pas à me dire quand c'est tout pourri. Et ca, ca n'a pas de prix! Certaines fois, ils me filent un coup de main. La meilleure pour ca, c'est ma super copine Mai. Puis, chez les indés aussi. Il y a Marie-Do Sabatier. Azel Bury, qui m'a filé un bon et beau coup de main dernièrement. Pis Mathieu Biasotto aussi qui lui est vachement propre dans ses designs alors que moi pas trop quoi.

 

Si tu étais une couverture de livre ?

 

Une couv de livre? Je serais l'une de couvertures de Nana de Zola. J'aime le côté scabreux, sulfureux du truc. Pour l'époque, c'était un scandale. J'aime les artistes qui sont couillus. Ceux qui n'ont pas peur de choquer mais qui ne choquent pas juste pour choquer. Nana, c'est un monument de littérature. Et il est la le vrai défi. Donner envie d'un livre en giflant le lecteur pendant les trois secondes ou il regarde la couverture et puis garder son attention, jusqu'a la dernière page.

 


 

Je suis en train de lire Insoumission, ton second roman. Le sujet est gravement d’actualité puisque tu évoques la possibilité que lors des prochaines élections nous passions sérieusement à la droite extrême. Rassure-moi, tu ne lis pas dans l’avenir ?

 

Insoumission. Ce livre, c'est une pulsion. Il fallait que je l'écrive, c'était plus fort que moi. Je ne veux pas jouer les baba cools peace & love, nerveuse comme je suis ca ne me va pas. Mais je crois qu'il faut se poser les bonnes questions sur les décisions qu'on prend ou qu'on laisse d'autres prendre à notre place.

 

Si tu étais un dictateur ?

 

Un dictateur ? Roh, ils me font un peu tous rêver. Entre Poutine, qui chevauche fièrement torse nu, Mobutu avec son total look panthère, les mecs ils vendent du rêve ! Je crois que mon number 1, c'est Kim Jong-un. Le mec il a quand même impose sa coiffure pourrie a tous les hommes du pays. Moi président, tout le monde aura un chignon. Et pis c'est tout !

 

Ton écriture est très ancrée dans le monde numérique. Tu décris des personnages geek, ils ne pourraient pas vivre sans Facebook, Twitter est leur oxygène... Est-ce que c’est ton cas, également ?

 

Geek ? J'ai un petit côté geek mais je force le trait chez mes héroïnes. Ca va sembler très mégalo, Kim Jong-un sort de ce corps, mais toutes mes héroïnes sont inspirées de moi, en pire.

 

Les héroïnes de tes deux premiers romans sont des écrivains. Est-ce qu’il est plus facile pour un écrivain d’écrire des histoires d’écrivain ?

 

Écrivain ? J'ai pas mal de tocs, surtout quand j'écris. Le nom du personnage masculin doit commencer par e. Celui de la meilleure amie doit comporter les syllabes ara. L'héroïne doit être écrivain. Sinon je me sens pas bien. Je sais, je suis bizarre. C'est ce qui fait mon charme.. Ou pas. Ahah. Je suis cinglée.

 

Si tu étais un réseau social ?

 

Réseau social ? Facebook. C'est sûr. C'est le réseau sur lequel je suis le plus souvent. J'ai une autre façon d'écrire grâce a Facebook. Je n'écris plus toute seule dans mon coin. Je partage mes projets de couverture, des extraits, mes doutes, mes bons moments. C'est fantastique! Ouh la. Avec le point d'exclamation, ca fait trop la fille hystérique. On va la refaire, moins crispée. C'est fantastique. Ouais, c'est mieux la. Ou alors avec des points de suspension, parce que ca fait mystérieux. C'est fantastique... J'aime! On la garde.

 

Tu parles beaucoup du processus créatif dans ces deux livres, sont-ils très calqués sur les tiens ? T’enfermes-tu chez toi pendant une période définie ? Portes-tu un pyjama troué à l’entrejambe (petite référence à l’héroïne de « Insoumission ») ?

 

Processus créatif. J'écris partout en fait. Pas nécessairement en pyjama troué. J'écris dans ma tête, en marchant la plupart du temps. Mais c'est vrai que ca m'amuse beaucoup de me moquer des clichés sur l'écriture.

 

Si tu étais un écrivain autre que Gina Dimitri ?

 

Un écrivain ? Il y en a énormément que j'admire. Mais pour moi le top du top c'est Zola. Thérèse Raquin, c'est le meilleur thriller psychologique qui soit. Alors oui, il saoule l'ami Emile avec ses phrases de dix kilomètres. Mais le mec, il dépeint des personnages avec une précision incroyable. Je suis fan.

 


 

Si tu étais un vêtement ?

 

Un vêtement ? Je serais un slip. Kangourou, le slip. C'est mon petit côté scato (dans l'humour, j'entends). Avec moi les blagues pipi caca, c'est comme le riz Uncle Ben: c'est toujours un succès.

 

Le marketing, le nerf de la guerre pour un indépendant qui veut se faire connaître et vendre des livres. Tu sembles très bien te débrouiller à ce niveau. Qu’as-tu appris, qu’as-tu envie de partager à ce sujet ?

 

Le marketing ? Il faut se construire une fan base, un lecteur après l'autre. Il faut partager sur le processus d'écriture, discuter avec les lecteurs, écouter leurs conseils.

 

As-tu déjà été contactée par un éditeur ?

 

J'ai été contactée par un éditeur. A l'époque, je venais de commencer l'aventure indé et j'ai préféré continuer sur cette voie. Un éditeur? Oui mais quelqu'un qui me correspondrait

 

Et la question à laquelle personne n’échappe sur ce blog, si tu étais un super héros ou une super héroïne ?

 

Si j'étais une super héroïne, je serais Ripley dans Alien. Je trouve que c'est une belle image de l'écrivain. On donne parfois naissance a des monstres, qu'on ne contrôle pas. C'est une lutte contre soi, contre le processus de création même. Pis, ouais. Le cuir ca m'irait super bien je trouve.

 

 


 

Merci beaucoup, Gina !

 

 

 

 

 

 

 

Si cet article vous a plu, vous êtes libre de le partager

 

 

Mes livres

 



30/12/2016
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 39 autres membres