Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Et l'humour, dans tout ça ?

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » a dit Pierre Desproges. Comment écrire un récit humoristique ou comment mettre de l’humour dans un récit dramatique ? Joe Konrath a sa propre méthode qu’il détaille dans cet article à travers trois exemples de dialogues. Il explique également ce que, selon lui, l’humour apporte à un récit. Il précise ne pas rire de ses propres blagues, pour ma part, je fais preuve de moins de recul, je ris facilement des miennes, surtout si elles sont idiotes…

 

Voici une tentative de traduction d’un article de Joe KONRATH, à retrouver en version originale dans The Newbie's Guide to Publishing (Everything a Writer Needs to Know), pavé génial et lecture inspirante pour les indépendants de tous pays ou, sur son blog . Une traduction en français par quelqu’un dont c’est le métier serait la bienvenue ! Avis aux amateurs !

 

 

 

 

Mais, me direz-vous, qui est Joe KONRATH ? Et là, hop, hop, sans complexes, je fais un copié collé wikipédien : « J. A. Konrath, né en 1970 à Skokie, Illinois, est un auteur américain de romans policiers et, sous le pseudonyme de Jack Kilborn, de quelques romans fantastiques d’horreur. Il a également signé quelques textes de science-fiction sous le pseudonyme de Joe Kimball. » Mais, ce n’est pas le plus intéressant, quand je vous aurai dit que ce Monsieur est un grand défenseur de l’autoédition et de l’autopromotion, qu’il est persuadé que les auteurs ont un rôle capital à jouer dans le marketing de leurs livres, que lui-même a atteint, voire dépassé le million de ventes et qu’il tient un blog passionnant comportant un nombre impressionnant d’articles consacrés à l’édition indépendante, vous comprendrez pourquoi je me mords les doigts d’avoir un niveau en anglais aussi désastreux.

 

Mais bon, il y a un proverbe qui dit « Ne laissez pas ce que vous n’avez pas vous empêcher d’utiliser ce que vous avez. » Donc, j’ai envie de partager ce que j’ai compris avec vous et je le fais !

 

« On m'a dit qu’il était plus facile de se tuer que d’écrire de la comédie.

 

En réalité, ce n’est pas aussi difficile que vous pourriez le penser.

 

Le rire est simplement la réaction de notre cerveau face à la dissonance et à la crainte.

 

La dissonance, c’est quelque chose d’inattendu, d’inapproprié, d’inhabituel ou d’exagéré.

 

Un gros sur une petite bicyclette, c’est drôle, parce que nous percevons la dichotomie absurde entre l’homme énorme et le minuscule véhicule.

 

La crainte est la distance que nous mettons entre nous et des évènements que nous ne souhaitons pas expérimenter.

 

Un gros qui pédale très vite sur une petite bicyclette parce qu’il est en feu, c’est drôle car nous pouvons nous imaginer nous-mêmes en feu mais ce n’est pas une image plaisante.

 

En revanche, imaginer ce type gras dans le quartier des grands brûlés, une infirmière sans cœur arrachant sa peau morte, ce n’est pas amusant. À moins que le gros soit aussi un clown. Les clowns sont drôles.

Toutes les blagues que vous avez entendues reposent sur ces principes. Toc toc toc, qui est là ? De l’inattendu. Les jeux de mots visent à substituer des significations. Quand Moe frappe Curly avec une pelle, nous sommes secrètement contents de ne pas être Curly. Ou Moe. Ou n’importe qui avec leur patrimoine génétique.

 

Quand il y a une tragédie, les plaisanteries apparaissent brusquement, une façon pour le commun des mortels de gérer la douleur. Quand des choses horribles arrivent, l’humour éclaire la situation et augmente la distance entre l’observateur et la personne touchée. L’astuce pour écrire de l’humour est l’observation. Quelle est la situation normale et comment peut-elle devenir absurde ?

 

Le truc pour écrire de l’humour dans une fiction est d’utiliser ces observations absurdes afin d’ajouter du suspens à la scène et de faire avancer l’histoire.

 

Voici une scène que j’ai coupée de « Dirty Martini ». Je pense qu’elle est amusante, mais elle l’emportait sur l’action. Elle avait lieu après que plusieurs officiers de police aient été tués d’une manière terrible. Jacqueline Daniels, l’héroïne, est sur la scène du crime avec le Superintendant de la police, O’Loughlin (une femme), Rick (un agent du FBI) et Harry McGlade, qui souhaite obtenir une faveur de la part de Jack.

 

« Je ne pouvais pas dire si elle plaisantait mais, même si je n’étais pas d’accord avec notre nouvel Superintendant, je commençais à l’apprécier. Cependant, elle avait sacrément besoin de quelques conseils en matière de mode. Cette femme n'avait-elle pas jamais entendu parler d’épaulettes ? Son blazer la faisait ressembler à la sorcière bossue de Blanche-Neige.

– Hé, vous, la joufflue en costume. Apparemment, c’est vous, la responsable.

 

McGlade regardait le Superintendant. Il lui fit signe d’une main qui tenait un bout de papier.

 

– Voilà combien la ville de Chicago me doit pour ce costume.

– Six personnes sont mortes, dit O’Loughlin d’une voix neutre.

Vous ne me devez rien pour eux. Vous me devez juste le costume.

 

Comme elle ne prenait pas le reçu, Harry l’a fourré dans la poche de sa veste.

 

– À propos de cette licence d'alcool, me dit-il, le maire de cette ville décadente a refusé de me laisser ouvrir un bar à cause d’un malentendu stupide entre moi et l’une de ses horribles nièces, un vrai troll, pour lui faire son affaire j’ai eu besoin de deux Viagra et encore, il a fallu que je pose un Husler sur son dos.

 

McGlade grimaça.

 

– Elle avait une barbe, Jack. L’embrasser, c’était comme embrasser mon grand-père avec la langue. Donc, je ne l’ai pas rappelée le matin suivant, surtout parce que mon visage était à vif et elle est allée pleurer chez son oncle, le gros bonnet et maintenant je suis persona non grata.

 

Rick me demanda :

 

– Qui est ce type ?

– C’est Harry. Il est professeur en maternelle, il travaille avec des enfants en difficulté.

– Il me gonfle, dit le Superintendant, il doit partir.

 

McGlade sourit à O'Loughlin d’une façon qu’il devait, j’en suis sûre, croire séduisante.

 

– On dirait que vous n’avez pas tiré un coup depuis dix ans. Parlez au maire en ma faveur et je m’occuperai de votre cas.

 

Il regarda son menton du coin de l'œil.

 

– Il y a un rasoir, chez vous ?

 

Le Superintendant appela deux agents de police et leur ordonna d’arrêter McGlade. Alors qu’ils l’entraînaient, il nous gratifia de quelques échantillons d’expressions familières urbaines contemporaines. »

 

Maintenant, examinons les blagues dans cette scène (mes remarques à propos des blagues sont en gras).

 

« Je ne pouvais pas dire si elle plaisantait ou non, mais même si je n’étais pas d’accord avec notre nouveau superintendant, je commençais à l’apprécier. Mais, elle avait sacrément besoin de quelques conseils en matière de mode. Cette femme n'avait-elle pas jamais entendu parler d’épaulettes ? Son blazer la faisait ressembler à la sorcière bossue de Blanche-Neige. Image humoristique comparant une femme portant une vilaine veste à une sorcière de dessin animé

 

– Hé, vous, la joufflue en costume. Apparemment, c’est vous, la responsable. Absurdité – On ne parle pas ainsi à quelqu’un qui représente l’autorité.

 

McGlade regardait le Superintendant. Il lui fit signe d’une main qui tenait un bout de papier.

 

– Voilà combien la ville de Chicago me doit pour ce costume.

– Six personnes sont mortes, dit O’Loughlin d’une voix neutre.

Vous ne me devez rien pour eux. Vous me devez juste le costume. Peur – faire la lumière sur une situation tragique en la minimisant.

 

Comme elle ne prenait pas le reçu, Harry le fourra dans la poche de sa veste.

 

– À propos de cette licence d'alcool, me dit-il, le maire de cette ville décadente a refusé de me laisser ouvrir un bar à cause d’un malentendu stupide entre moi et l’une de ses horribles nièces, un vrai troll, pour lui faire son affaire j’ai eu besoin de deux Viagra et encore, il a fallu que je pose un Husler sur son dos. Image absurde, grossière et inappropriée.

 

McGlade grimaça.

 

 – Elle avait une barbe, Jack. L’embrasser, c’était comme embrasser mon grand-père avec la langue. Image absurde. Donc, je ne l’ai pas rappelée le matin suivant, surtout parce que mon visage était à vif et elle est allée pleurer chez son oncle, le gros bonnet et maintenant je suis persona non grata. Hyperbole, exagération pour un effet comique.

 

Rick me demanda :

 

– Qui est ce type ?

– C’est Harry. Il est professeur en maternelle, il travaille avec des enfants en difficulté. Discordance, Harry est évidemment un porc égoïste, pas une garde d'enfants

– Il me gonfle, dit la Superintendante, il doit partir.

 

McGlade sourit à O'Loughlin d’une façon qu’il devait, j’en suis sûre, croire séduisante.

 

– On dirait que vous n’avez pas tiré un coup depuis dix ans. Parlez au maire en ma faveur et je m’occuperai de votre cas.

 

Il regarda son menton du coin de l'œil.

 

– Il y a un rasoir, chez vous ? Absurdité - il n'arrivera pas à ses fins en agissant comme ceci, mais est trop crétin pour le réaliser.

 

Le Superintendant appela deux agents de police et leur ordonna d’arrêter McGlade. Alors qu’ils l’entraînaient, il nous gratifia de quelques échantillons d’expressions familières urbaines contemporaines. »

 

Cela ne m’a pas ennuyé de couper cette scène parce qu’elle ne rajoutait pas grand-chose à l’histoire. L’élément que je voulais transmettre était que McGlade avait besoin de Jack. Tout le reste était superflu. Donc la scène a été supprimée.

 

Il est bien de faire de petites diversions, mais dans ce cas elles l’emportaient sur la scène plutôt que de s’y ajouter.

 

Maintenant, voici une des scènes finales de « Whiskey Sour ». Jack est surchargée de travail, elle essaie d’attraper un serial killer et elle est forcée de traiter avec le FBI. J'ai voulu parodier les pouvoirs de déduction quasi surnaturels que les agents de FBI ont souvent, dans les livres, j’ai poussé cette logique jusqu’à l’absurde dans la construction de mes Agents Spéciaux, Dailey et Coursey.

 

"– Ainsi, a repris Coursey, notre suspect est un mâle de type caucasien, il a entre 25 et 39 ans. Il est droitier, et possède un break ou une camionnette. C’est un col bleu, il est probablement ouvrier dans une usine, une usine textile, peut-être. Il est alcoolique et est enclin à de violents accès de rage. Il fréquente les bars western et aime la danse country.

– La danse country, ai-je dit.

– Il porte aussi des sous-vêtements de femme, a ajouté Dailey. Probablement ceux de sa mère.

 

J’ai senti le début d’une migraine.

 

– Adolescent, il a allumé des incendies criminels et a eu des rapports sexuels avec des animaux.

– Avec des animaux, ai-je dit.

– Il est fort probable qu’il ait déjà été arrêté. Sans doute pour attaque ou viol, sans doute sur des femmes âgées.

– Mais, il est impuissant maintenant.

– Il peut aussi être homosexuel.

 

J’ai porté ma tasse de café à mes lèvres et j’ai constaté qu’elle était vide. Je l’ai reposée.

 

– Il entend des voix.

– Ou peut-être juste une voix.

– Cela pourrait être la voix de sa mère, lui disant de tuer.

– Peut-être qu’elle veut juste qu’il lui ramène ses dessous.

– Il peut être défiguré ou handicapé. Il pourrait avoir des cicatrices d'acné sévères, ou une scoliose.

– C'est une courbure de l'épine dorsale, a ajouté Dailey.

– Est ce un pressentiment ? ai-je demandé.

– Juste une intuition. 

 

J’ai pensé à leur expliquer la plaisanterie, mais cela m’aurait fait perdre mon temps.

 

– Il peut avoir été frappé sur la tête quand il était enfant, a dit Coursey.

 

Il n’était probablement pas le seul.

 

– Messieurs…

 

Je ne savais pas par où commencer, mais je me suis lancée.

 

– Traitez-moi de sceptique mais je ne vois pas comment tout cela va nous aider à l’attraper.

– Premièrement, vous devriez commencer à lister tous les bars western.

– Et les manufactures textiles du coin qui, dans les six derniers mois, on viré quelqu’un avec des antécédents criminels.

– Je pourrais aussi surveiller le zoo, ai-je dit. Il s’y faufile peut-être la nuit, pour avoir des relations avec les animaux.

– J’en doute, ( Coursey a froncé les sourcils), le profil dit qu’il est impuissant maintenant.

 

Je me suis frotté les yeux. Quand j’ai cessé, ils étaient toujours là. »

 

Cette scène a été conservée, même si c’est une légère diversion par rapport à l’intrigue, parce qu’elle ajoute du conflit à l’histoire. Jack est forcée de travailler avec ces gars, et ils l’empêchent de faire son boulot. Contrairement à la première scène où j’étais drôle juste pour être drôle, l’humour dans celle-ci a un objectif et ajoute du suspense et de la tension.

 

Voici une scène de plus, extraite de « Rusty Nail ». Harry McGlade a été kidnappé, ainsi que l’ami de Jack, Phineas Troutt. Phin se réveille attaché à une chaise, Harry est attaché derrière lui.

 

« Un son, un grondement sourd dans son dos. Phin ne put se retourner suffisamment pour voir de quoi il s’agissait. Le bruit, de nouveau, plus fort.

 

Un ronflement.

 

– Hey ! Réveille-toi !

– Je suis réveillé. Je suis réveillé.

 

De nouveaux ronflements.

 

– Bon Dieu, McGlade, réveille-toi !

– Huh ! Qu’est-ce qui s’est passé ?

– Nous avons été drogués à ton mariage.

– Je me suis soûlé à mon mariage ? Calomnie !

– Drogué, McGlade. Nous avons été drogués.

– C’est toi, Jim ?

– C’est Phin. Réveille-toi et dis-moi ce que tu vois.

 

Une longue pause. Phin se demanda si l’idiot s’était encore endormi.

 

– Je suis sur une chaise, attaché. Cet endroit ressemble à une sorte d’usine ou à un entrepôt. À ma droite, par la fenêtre, je vois la baie avec des bateaux amarrés, la porte est fermée.

– Quoi d’autre ?

– Nous devons sortir d’ici, Phin. Si je n’ai pas ramené ce tuxedo ce soir, ils vont me faire payer un jour entier de location en plus.

– Concentre-toi, Harry, qu’y a-t-il d’autre autour de toi ?

– Il y a une sorte de bureau dans le coin. La porte est fermée, il n’y a pas de lumières. Sur ma gauche… putain de merde ! Ça doit être une sorte de mauvais rêve.

 

McGlade hurla de douleur.

 

– Harry, ça va ?

– Je me suis mordu la langue pour voir si je rêvais. Je pense que non. Ou peut-être que je l’ai mordue en dormant…

– Tu ne dors pas, Harry. Dis-moi ce que tu vois.

– Je pense que ma langue saigne.

– Harry !

– Okay. Je vois une longue table en acier. Dessus, il y a un tas de choses, des trucs neufs encore dans leur boîte.

 

Phin n’aima pas ça.

 

– Quel genre de truc ?

– Un chalumeau, une perceuse électrique, des pinces et une scie électrique.

 

Cela allait de mal en pis.

 

– Peut-être qu’ils construisent une maison pour les oiseaux, dit McGlade. »

 

Encore une fois, l’humour ajoute au suspense de la scène. L’attitude de McGlade n’est pas l’attitude de quelqu’un qui est sur le point d’être torturé à mort, et ça, c’est amusant. Mais leur situation n’est pas drôle, et c’est pourquoi l’humour fonctionne. Quelque chose d’horrible va arriver.

 

Et plus tard, quelque chose d’horrible arrive vraiment. Et, j’utilise encore l’humour, ou plutôt, mon personnage utilise l’humour, pour gérer l’horreur.

 

L'humour est-il nécessaire dans les livres ? Les rend-il meilleurs ? Devriez-vous mettre de l’humour dans votre travail ?

 

Ma réponse est un retentissant peut-être.

 

La vraie vie est drôle. Les gens rient tout le temps. Des études ont montré que rire et sourire sont des activités ridiculement saines. La comédie existe depuis des milliers d'années, et pour une bonne raison : les gens aiment la comédie.

 

Le rire rassemble les gens, et le rire peut faire que votre lecteur apprécie davantage votre écriture. Les gens aiment être près de ceux qui les font rire, et vos personnages ne font pas exception.

 

L’humour peut rendre votre héros plus empathique, aimable, charismatique, sympathique, important et identifiable.

 

L’humour peut aussi donner le ton, refléter une humeur, faire le lecteur participer davantage à l'histoire, et devenir quelque chose pour lequel vous êtes connu.e, comme Dave Barry, Janet Evanovich et Carl Hiaasen.

 

L’humour est-il bon pour votre histoire ? Cela dépend de l’histoire que vous racontez. Steven Spielberg le savait, c’est pour cela qu’il a réduit la scène de combat de tartes dans « La Liste de Schindler ». Mais je crois que la plupart des histoires peuvent être améliorées par l’humour, même si l’humour n’en est pas l’objectif principal.

 

James Rollins est connu pour ses technothrillers extravagants. Mon livre favori de James Rollins est « Ice Hunt », il met en scène une grande gueule impétueuse nommée Kowalski, quelques scènes sont incroyablement drôles. Son nouveau livre, « Black Order », m’a aussi fait éclater de rire, l’humour ajoute au livre davantage que la douleur et la tension, avec le rire, vous vous attachez plus aux personnages et vous craignez plus pour leurs vies. De surcroît, vous vous amusez.

 

Le premier roman de Barry Eisler, « Rain Fall », n’était pas dénués de passages ironiques. Mais dans ses titres récents, notamment « Killing Rain » et « The Last Assassin », l'ami de Rain, Dox apporte beaucoup d'humour. En plus d’être drôle, Dox aide le lecteur à éprouver de l’empathie pour Rain en le montrant sous un jour plus doux.

 

Deux de mes nouveaux auteurs favoris, Jeff Shelby et Harry Hunsicker, marchent sur la corde raide inventée par Robert B. Parker et mixent humour, tension et violence. De ce fait, leurs personnages sont immédiatement plus sympathiques que les héros sombres et rêveurs qui peuplent les romans noirs.

 

L’un de mes écrivains préférés, David Ellis a, dans la vie réelle, un incroyable humour pince-sans-rire mais il n’en faisait pas usage dans ses thrillers judiciaires. Le plus récent, « Eye of the beholder », est un récit à la première personne et plusieurs passages sont très drôles. Grâce à cela, je me suis identifié plus étroitement avec son héros, et j’ai eu plus peur pour lui que je n’avais eu peur pour les héros de ses livres précédents.

 

Je crois que l'humour pour l'amour de l'humour ne marche pas. Mais s’il est utilisé pour ajouter à l’histoire, pour améliorer une scène et pour développer les personnages, il est grandement apprécié par les lecteurs et il peut rendre un livre encore meilleur.

 

Comment savoir si vous êtes drôle ?

 

L’humour est subjectif. Très subjectif. Certaines personnes aiment l'esprit caustique d' Oscar Wilde. Certaines mouillent leur pantalon en regardant Rob Schneider prendre un coup de pied dans l’aine (qui sont ces personnes et comment pouvons-nous les arrêter ?). Il est tout à fait possible que quelque chose que vous pensez drôle tombe à plat. Cela arrive. Même les meilleurs comiques font des bides.

 

Il y a trois étapes pour comprendre si votre blague est drôle ou pas.

 

  1. Est-ce que vous la trouvez drôle ? Il est probable que vous ne riez pas de vos propres plaisanteries (je ris rarement, voire jamais des miennes). Mais j'utilise les susdits critères pour savoir si mes plaisanteries sont bien intégrées à mon récit et si elles fonctionnent.
  2. Après avoir écrit une blague, je la teste en la donnant à des lecteurs, ma femme, ma mère, mes amis écrivains, mes amis proches, mon agent, mon éditeur. Personne n’a peur de me dire « Ce n’est pas drôle. » Ils me diront aussi où ils ont ri ou je les regarderai lire et le leur demanderai.
  3. Si les lecteurs rient ou s’ils ne rient pas, découvrez pourquoi. C’est beaucoup un processus d’évolution. Parfois, l’idée derrière une blague fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, c’est le rythme ou le choix des mots.

Plus vous apprenez, meilleur vous devenez. Mon test : si une personne rit et qu’une autre ne rit pas, la blague reste. Si personne ne rit, la blague est supprimée. »

 

 

 

Si cet article vous a plu, vous êtes libre de le partager.

 

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10/10/2016
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