Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Elle est plus forte que toi, la crise...

Pourquoi doit-on travailler un nombre d’heures définis par jour ?

 

Quand j’ai démarré ma période de disponibilité, j’ai commencé en chronométrant mon temps de travail. J’avais prévu de travailler au moins 20 heures par semaine sur mon nouveau livre. Oui, vous avez bien lu, pas 35 heures, pas 40 heures. 20 heures. Le grand luxe.

 

Et puis, en mai, j’ai décidé d’abandonner le chronomètre, de cesser de faire comme tout le monde, d’avoir l’œil sur le réveil qui me dira si oui ou non je suis performante. La performance se situant dans le nombre d’heures consacrées au travail et non pas dans l’efficacité à exécuter les tâches que je me suis fixées.

 

J’ai souvent pensé que nous devrions, dans certains domaines, non pas être payés à l’heure mais rémunérés à la tâche. Ainsi, nous aurions plusieurs actions à accomplir chaque mois et notre salaire nous serait versé en fonction de leur accomplissement. Le point positif : nous serions libres de gérer notre temps de travail comme nous le souhaiterions. Bravo à celui auquel il faut 20 heures ou moins par semaine pour accomplir son travail, tant pis pour celui qui prend 35 ou 40 heures pour arriver au bout de son labeur.

 

Je me demande si l’on ne serait pas amené à travailler plus vite et plus efficacement.

 

Je savoure le fait de ne plus m’angoisser du nombre d’heures que j’ai travaillé. J’apprends à ne pas me voir comme un fainéante parce que je me paye (oui, je me paye avec mes économies, pour le moment) le luxe de ne pas faire comme tout le monde. Le matin, j’ai le temps d’emmener mon fils à l’école. Quand je rentre, je commence à travailler et je me sens bien. Je suis heureuse de la journée qui démarre et ça n’a pas de prix. J’abandonne peu à peu l’idée qu’il faut marquer une frontière définie entre le travail et le reste au risque de m’entendre dire par mon fils aîné que je travaille tout le temps. L’essentiel étant de me rendre disponible pour lui quand il a besoin que je le sois.

 


 

Nous vivons dans un monde qui ne cesse de nous culpabiliser, qui ne cesse de nous proposer des modèles auxquels la majorité des gens ne peuvent pas coller.

 

Depuis que je suis gamine, et cela ne date pas d’hier (lol), j’entends parler de la crise. La crise nous persécute comme si c’était d’une espèce de monstre qui agissait tout seul, sur lequel nous n’avons aucun impact. Mais la crise est le fruit de décisions que prennent des gens tous les jours, de décisions que nous-mêmes prenons tous les jours. Elle ne se génère pas de façon spontanée.

Je n’ai jamais aimé le monde du travail. J’ai toujours mal vécu ses contraintes, surtout quand elles me paraissaient absurdes.

 

Pour trop de gens, le travail est un mal nécessaire. Et nous n’avons pas une école qui nous aide à l’approcher avec plaisir, je n’ai qu’à observer l’enthousiasme de mes garçons, le lundi matin, aussi motivés que moi, il y a peu, pour me rendre sur mon lieu de travail.

 


Dans notre société, le travail n’est pas associé au plaisir ou rarement. Il est nécessité. On a de la chance d’avoir un travail. Il faut bien gagner sa vie. On ne va pas se plaindre d’avoir un travail quand même… non, on ne va pas se plaindre d’avoir un travail…

 

Ce serait génial si on repensait enfin le travail.

 

Ce serait génial si le revenu universel devenait une réalité. Les gens n’arrêteront pas de travailler parce qu’ils percevront ce revenu, au contraire, toucher ce revenu plus celui d’un salaire ne peut être qu’incitatif.

 

Et ceux qui n’ont pas envie de travailler, pourquoi n’auraient-ils pas le droit de ne pas travailler, tant de gens brassent de l’air au travail, houps ! Il ne faut pas le dire !

 

Des pans entiers de l’économie fonctionnent sans nous et le modernisme fait que cette tendance va s’accentuer dans les années à venir mais, on ne prépare pas l’avenir. On devrait enseigner à nos gamins le plaisir d’apprendre, le plaisir de créer, leur dire qu’ils peuvent rêver et inventer leur avenir plutôt que de les bassiner avec ce spectre du chômage et cette crrrrrrrrrise qui n’en finit pas. Tout est possible. Donald Trump avec sa mèche improbable et son négationnisme climatique a bien été élu président des États-Unis, il me semble…

 


 

Mes livres



12/06/2017
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