Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Eh, les gars, no souci, j’ai que onze ans mais je suis consentante !

 

Si vous êtes comme moi, j’imagine que vous avez été choquée, énervée, déprimée et j’en passe par une affaire qui a fait la une ces derniers jours. Rappel des faits : Sarah, une enfant de onze ans (oui, une préado comme on dit, ça responsabilise davantage l’enfant, ce terme, peut-être, mais à onze ans, pour moi, on est avant tout une enfant) sort plus tôt du collège et est abordée par un homme qui l’invite chez lui où l’inconcevable se produit, ils ont des rapports sexuel.

 

Je ne comprends pas comment on peut déclarer consentante à un rapport sexuel une gamine de onze ans. Pour moi, un homme de vingt-huit ans qui couche avec une enfant de onze ans est un pédophile. Pour moi, la pédophilie est un crime. Il n’y a pas de questionnement à avoir quant au consentement de l’enfant. Sarah a suivi son agresseur de son plein gré. Sarah a onze ans. Que lui a raconté cet homme pour qu’elle le suive ? Les enfants sont influençables, manipulables comme l’a très bien montré un youtuber dans une vidéo filmée dans un square où, en utilisant son bagout et un chiot, il a montré à des parents comme il lui était facile de « kidnapper » leur gamin sous leur nez :

 

Les pervers sont habiles à influencer et à manipuler.

 

Cette affaire rappelle qu’il existe en France un vide juridique aberrant concernant la notion de consentement : « La famille de la collégienne, qui décrit une enfant tétanisée, porte plainte pour viol. Mais les enquêteurs ont conclu que le rapport était consenti comme l’a affirmé l’agresseur poursuivi de ce fait pour atteinte sexuel, un délit puni par cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende, comme le veut l’article 227-25 du Code pénal. Le parquet de Pontoise ayant jugé « que dans le cas d’espèce, il n’y a eu ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise. » Aucune traces physiques, comme des coups ou des lésions, ni signe d’un traumatisme psychologique de la victime, n’apparaissent en effet dans le rapport de police. Des éléments indispensables pour qualifier une agression sexuelle en viol, le seul jeune âge de l’enfant ne suffisant donc pas. » 

https://actu.fr/ile-de-france/montmagny_95427/montmagny-consentante-11-ans-une-decision-fait-polemique_12793741.html

 

Cette affaire rappelle toutes les ambigüités qui apparaissent dans les affaires de viol. Une femme qui se fait violer n’aurait-elle pas toujours une part de responsabilité dans son agression ? Elle portait une jupe trop courte, elle a eu une attitude provocante… Bordel ! Elle se baladerait à poil que personne n’aurait le droit de la violer ! Elle n’a pas crié. Elle ne s’est pas débattue. Est-ce que les juges s’intéressent à la psychologie ? Est-ce que les juges ont entendu parler de victimologie ? Ont-ils entendu parler de ce phénomène de sidération vécue par de nombreuses victimes ?

 

Je me souviens m’être retrouvée, adolescente, près d’un type qui tout à coup s’est mis à se masturber près de moi, sur un quai de RER désert. Il m’a fallu quelques minutes de sidération avant de m’éloigner et d’aller le plus loin possible, au bout du quai. On ne s’attend jamais à une agression sexuelle. Aucun enfant ne devrait s’entendre dire par un juge qu’il était consentant alors que l’on a usé de son corps comme d’un jouet sexuel.

Le consentement, c’est quelque chose qui se décide entre deux personnes disposant de la majorité sexuelle, soit quinze ans en France, trop tôt pour certains, trop tard selon d’autres. Je ne pense pas que cet homme de vingt-huit ans ait abordé Sarah en lui disant : « Est-ce que tu es consentante pour un rapport sexuel avec moi ? » Je pense qu’il a abusé de cette petite fille et a détruit son innocence.

 

Dans notre pays, un ancien député peut réussir habilement à faire abroger une loi sur le harcèlement sexuel pour échapper à son propre procès :

 

« À l'origine du retrait de cette loi figure un procès : celui de Gérard Ducray, 70 ans, conseiller municipal de Villefranche-sur-Saône et ancien député, condamné en première instance puis en appel pour harcèlement sexuel. Pourvu en cassation, son avocat a l'idée de contester la loi, par le biais d'une procédure assez récente baptisée QPC (Question prioritaire de constitutionnalité). »

 

http://www.ladepeche.fr/article/2012/05/05/1346438-le-harcelement-sexuel-raye-du-code-penal.html

 

Alors, je ne m’étonne pas qu’une petite fille soit accusée (car c’est une accusation) d’avoir consenti à un rapport sexuel avec un adulte. Mais il y a vraiment de quoi se poser des questions sur la justice.

 

Je ne peux m’empêcher de me demander comme Sarah aurait été traitée par la justice si elle avait été un garçon…

 

 

 

 

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30/09/2017
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