Sandra Ganneval, l'autoédition, le choix de la liberté

Autocritique

Comment juger soi-même ses propres écrits ? Comment savoir si ce que l’on a écrit tient la route ? Peut-on être, en tant qu’aspirant écrivain, le bon Sherlock Holmes de sa prose ? Joe Konrath propose quelques tests à faire passer sans pitié à nos enfants de papier chéris. J’utilise beaucoup la lecture à haute voix, jusqu’à ce que ma voix se casse… Les éloges, je les écoute, car ils me donnent du baume au cœur mais ma tendance est bel et bien le doute. Je laisse reposer mes textes six semaines, religieusement, depuis que j’ai lu « Écritures, mémoires d’un métier » de Stephen King. Et je coupe, découpe, redécoupe et manipule mes mots jusqu’à parfois, n’en savoir que faire. Bref, j’apprends.

 

Voici une tentative de traduction d’un article de Joe KONRATH, à retrouver en version originale dans The Newbie's Guide to Publishing (Everything a Writer Needs to Know), pavé génial et lecture inspirante pour les indépendants de tous pays ou, sur son blog . Une traduction en français par quelqu’un dont c’est le métier serait la bienvenue ! Avis aux amateurs !

 

 

 

 

Mais, me direz-vous, qui est Joe KONRATH ? Et là, hop, hop, sans complexes, je fais un copié collé wikipédien : « J. A. Konrath, né en 1970 à Skokie, Illinois, est un auteur américain de romans policiers et, sous le pseudonyme de Jack Kilborn, de quelques romans fantastiques d’horreur. Il a également signé quelques textes de science-fiction sous le pseudonyme de Joe Kimball. » Mais, ce n’est pas le plus intéressant, quand je vous aurai dit que ce Monsieur est un grand défenseur de l’autoédition et de l’autopromotion, qu’il est persuadé que les auteurs ont un rôle capital à jouer dans le marketing de leurs livres, que lui-même a atteint, voire dépassé le million de ventes et qu’il tient un blog passionnant comportant un nombre impressionnant d’articles consacrés à l’édition indépendante, vous comprendrez pourquoi je me mords les doigts d’avoir un niveau en anglais aussi désastreux.

 

Mais bon, il y a un proverbe qui dit « Ne laissez pas ce que vous n’avez pas vous empêcher d’utiliser ce que vous avez. » Donc, j’ai envie de partager ce que j’ai compris avec vous et je le fais !

 

"Peut-être que la chose la plus difficile à faire en écriture est de juger son propre travail. Le goût est subjectif. ; n’importe qui peut lire un roman et donner son opinion. Mais, quand l'auteur doit critiquer sa propre création, c’est autre chose. Je sais ce que j’aime, et j’écris ce que je connais, mais comment puis-je juger ce que j’ai créé quand j’utilise le même état d’esprit pour écrire et évaluer mes écrits ? La réponse est la suivante : je ne peux pas. Nous, les auteurs, sommes comme les bambins qui font l’apprentissage de la propreté, ils sont si fiers de leur production qu’ils veulent en donner le spectacle à tout le monde. L’autoédition est une tâche épuisante et, essayer d’incorporer les critiques et les avis dans les révisions s’apparente à s’arracher les dents. Donc, voici de la Novocaïne. J’ai appris quatre techniques qui aident à faire une auto-réflexion plus précise. Au lieu de nous bercer de l’illusion que notre tout premier jet ne comporte que quelques coquilles et est prêt à être proposé pour le prix Pulitzer, voici quelques exercices qui nous aideront à échanger nos lunettes aux verres colorés en rose contre des loupes.

 

  1. Lisez tout à haute voix

Ce truc trompeusement facile ne vous aidera pas seulement à repérer vos erreurs, il vous donnera aussi une meilleure idée de la pièce et de sa direction.

 

Si verbosité et redondance sont difficiles à repérer sur le papier, à l’oral elles sont facilement identifiables. Gardez à l’esprit que nous avons tous une voix dans notre tête quand nous lisons, mais nous utilisons aussi la même voix quand nous écrivons. Il est facile de confondre lecture et écriture. En lisant votre travail à voix haute, vous pouvez faire une séparation entre ce que vous pensez et ce qui est réellement sur la page.

Cette méthode fait la différence entre les professionnels et les amateurs. Trouvez un auteur que vous aimez, lisez sa prose à haute voix et essayez de la comparer à la vôtre. À moins que vous ne soyez publié, la sienne est meilleure. Sachez que Stephen King est meilleur écrivain que vous, et que peut-être, un jour, il ne le sera plus.

 

  1. N’écoutez jamais les éloges

Les éloges sont comme le chocolat – nous aimons finir la plaquette, mais ce n’est pas bon pour notre santé. Nous entendre dire que ce que nous avons écrit est bon ne nous aide pas à nous améliorer. Nous écrivons parce que nous pensons avoir une maîtrise correcte du langage et beaucoup d’idées à partager. Chercher l’éloge pour une phrase bien tournée, faire gonfler notre ego, ne va pas nous amener près de notre but. Ce but, bien sûr, est la publication.

 

Il y a TOUJOURS quelque chose qui peut être amélioré. Pour paraphraser Hemingway, on n’a jamais fini d’écrire. Quand vous demandez un avis, vous voulez savoir ce qui ne pas, ce qui a besoin d’être revu, comment cela pourrait être plus solide. Posez des questions et exigez des détails. Un simple « Ça craint » n’est pas plus utile qu’un « C’était génial ». Trouvez pourquoi le lecteur n’aime pas quelque chose. Ensuite, prenez l’avis de quelqu’un d’autre, et interrogez-les deux personnes sur leurs points de discorde. Si la plupart des gens qui lisent un passage vous disent de le changer, changez-le. Ils ont raison.

 

  1. Laissez reposer votre texte

Quand vous avez fini un texte, passez à autre chose avant de l’éditer. Patienter deux semaines, c’est bien. Un mois, c’est mieux. Si vous pouvez attendre une année, c’est l’idéal. Plus vous êtes capable d’oublier ce que vous avez écrit, plus vous serez capable de découvrir les défauts de votre texte quand vous le relirez.

 

À titre expérimental, déterrez quelque chose que vous avez écrit il y a un an, lisez-le à haute voix et notez dix éléments que vous pourriez changer pour l’améliorer. Forcez-vous à faire plus que simplement commuter des virgules ou remplacer des synonymes. À ce point de la création, si c’est un poème ou un roman épique, ce n’est qu’une valorisation de votre ego. L’ego ne vous permettra pas de voir votre travail comme les autres le voient.

 

Ne connaissons-nous pas tous quelqu’un qui a toujours sur lui les photos de son horrible bébé et qui cherche toujours des excuses pour les montrer en rayonnant de fierté à chaque fois ? Les images lui mentent, tout comme le miroir nous ment. Nous devons regagner en objectivité pour que notre œuvre ait du succès. Distance = objectivité.

 

  1. Prenez des ciseaux

Un ami m’a enseigné cela. Vous pouvez avoir les bons mots, mais dans le mauvais ordre. N’ayez pas peur d’imprimer un manuscrit et de l’attaquer avec un ciseau et un rouleau de scotch. Commuter les chapitres, les paragraphes et les phrases peut parfois faire la différence. Voir vos mots découpés vous donne une plus grande liberté pour les manipuler.

 

En travaillant avec ces quatre suggestions, nous pouvons forcer le miroir à nous montrer la réalité. Ce que nous verrons sera peut-être laid, mais un stylo est le parfait chirurgien esthétique."



13/10/2016
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